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"Pas de pluriel sans singulier, pas de collectif sans individu."

Entretien avec Laurent Figuière, élu à la Mairie du 1er arrondissement de Lyon, délégué à l'Animation et aux Fêtes, initiateur des "Jeudis des Musiques du Monde". Laurent Figuière : La programmation de cet été a été faite à partir d'un constat : en effet, il semblerait qu'une grande partie de la population dans le 1er arrondissement de Lyon, quartier de coeur de ville, ne parte jamais en vacances. Au point de vue social, ce quartier cumule beaucoup de critères dits " inquiétants ", et se retrouve ainsi classé en zone de D.S.U. (développement social urbain). C'est pourquoi, je me suis demandé s'il n'y avait pas quelque chose à faire, c'est à dire mettre en contact des pratiques artistiques et une population non pas comme on le propose habituellement en demandant aux artistes d'être une " jambe de bois ", de " s'occuper des jeunes ", mais qu'ils soient amenés à présenter leur propre logique artistique face à un public. La première idée (elle avait déjà été concrétisée l'année dernière), c'est le cinéma en plein air du dimanche soir, à la tombée de la nuit.

La deuxième, comme ce quartier a une population mixte, avec énormément de nationalités, de cultures différentes, était qu'il nous fallait absolument avoir un soir par semaine réservé aux Musiques du Monde. Je me suis donc adressé au Centre des Musiques Traditionnelles Rhône-Alpes, conventionné pour ce type de mission. Parallèlement, les lundi, mardi, mercredi, vendredi et samedi soirs, à 20 h 00 seront animés par ce que nous avons baptisé les " petites formes artistiques ". Leur présentation sera d'une demi-heure à trois quart d'heure, ceci dans une quarantaine d'endroits du 1er arrondissement, et durant tout l'été. Si nous récapitulons, pendant les mois de juillet et aôut, dans cet arrondissement de tradition ouvrière, de tradition de lutte, de tradition d'habitat assez particulier, en pente, il y aura des petites formes artistiques, le cinéma du dimanche soir, et ce qui nous intéresse plus précisément aujourd'hui, les concerts de Musiques du Monde, tous les jeudi soirs, à 21 h 30.

Ces concerts auront lieu au Jardin des Chartreux qui se trouve à la hauteur du numéro 35, cours du général Giraud : sur une petite place magnifique, avec une scène entre deux magnolias, la vue donne sur Fourvière et c'est d'une beauté extraordinaire. Dans cette petite pente douce, je crois que toutes ces musiques pourront être perçues de manières pleine et entière par la population du quartier, voir même la population de la ville, puisqu'à l'intention de ces concerts, le CMTRA a sollicité la ville de Lyon, et je me félicite que l'appui de la Mairie du 1er arrondissement vous ai permis d'obtenir un financement pour cette opération. CMTRA : L'emploi du terme " Musiques du Monde " signifie-t-il que des artistes viennent du monde entier pour nous faire découvrir leur culture musicale, leur pays ? Est-ce le sens que vous voulez donner à l'opération ?

L.F. : Non, il se trouve que l'on est dans un pays industriel avancé, et que beaucoup d'artistes de ces pays lointains habitent, pour des raisons économiques, historiques, humaines, dans des pays comme la France ou la Grande-Bretagne. Lyon est un port d'attache pour un certain nombre de ces artistes. En cela, j'ai été très content de travailler avec le CMTRA qui nous a permis de rencontrer des artistes maghrébins, andalous, afghans, qui, pour la plupart, habitent le 1er arrondissement. Ca a été une révélation pour moi, et cela me semble important de le faire découvrir à d'autres personnes dans l'arrondissement et dans la ville, je me répète, car ces concerts se dérouleront à l'échelle de la ville.

Ces concerts apporteront peut-être aussi un autre éclairage aux " Musiques du Monde ", à côté d'autres programmations d'été comme les concerts Musiques du Monde des " Nuits de Fourvière ", à l'initiative de l'Auditorium de Lyon. Nous avons d'ailleurs pris soin d'harmoniser nos calendriers pour éviter une concurrence sur les dates de ces concerts. CMTRA : Depuis plusieurs années maintenant, les secteurs de développement culturel et les secteurs de travail social, comme on dit dans le jargon administratif, sont invités à travailler ensemble : ainsi, on retrouve beaucoup d'opérations menées en commun sur des formes de cultures en émergence comme par exemple le hip-hop, ou encore d'une manière plus affirmé, plus médiatique, le raï et le rap. Pensez-vous, que dans le cas des Musiques du Monde, la simple diffusion culturelle, sous la forme d'une série de concerts, vous semble suffisante pour un travail de création de liens sociaux, n'est-ce pas une simple goutte d'eau ?

L.F. : C'est toujours une simple goutte d'eau ! Mais dans ce que vous avez dit, je voudrais relever la profusion du mot "culturel". Tout à l'heure, j'ai fait très attention d' employer le terme "pratiques artistiques". Je crois qu'il faut bien séparer ce qui est de l'ordre de la "pratique culturelle" et la "pratique artistique".

Mon but est d'essayer d'offrir une scène à des pratiques artistiques, et que ces pratiques artistiques génèrent des pratiques culturelles : le fait d'aller au spectacle génère une pratique culturelle Mais, je ne voudrais pas que l'on réduise la pratique culturelle au spectacle, au simple fait d'apprendre à des gens à chanter, à danser, à penser, à bouger avec leur corps. La pratique culturelle, c'est aussi manger, cela peut-être aussi jouer aux cartes, et toute une série de liens qui sont de l'ordre du culturel, et pas forcément de l'artistique, même si on peut observer parfois des interactions entre l'artistique et le culturel. Donc, oui pour la goutte d'eau, et non à la fois parce que d'autres choses se passent dans d'autres secteurs. Ici, je crois qu'il est important de ramener les gens à une pratique artistique, à une logique d'expression. CMTRA : À ce propos, et depuis maintenant deux décennies, est ouvert le grand débat sur la cohérence d'une société constituée de cultures différentes rassemblées, géographiquement, socialement et économiquement ; ce débat s'ouvre sur deux tendances fortes : l'idée qui veut que l'on ait cohérence sociale par l'intégration, ou l'idée qui a pour hypothèse qu'une société cohérente peut être multi-culturelle. Dans quel sens va ce type d'opération ?

L.F. : Là, vous me mettez "en porte à faux", car je reste persuadé que les deux idées sont justes. Je crois toujours qu'il n'y a pas de pluriel sans singulier, et qu'il n'y a pas de collectif sans individu. Donc après, à vous d'en tirer les conclusions. Mais je crois qu'il est fondamental d'avoir cela dans la tête. Effectivement, je suis pour l'intégration et pour la multiculturalité.


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