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Parce que Zanzibar

Rencontre avec Melisdjane Sezer, danseuse orientale partie chercher la danse à Zanzibar dans le sillage du “taraab” et ses variations.







CMTRA : Vous avez fait de nombreux voyages sur le pourtour méditerranéen et dans la péninsule arabique. Cette fois-ci votre voyage vous a porté sur la côte est de l'Afrique, à Zanzibar. Qu'est ce qui conduit une danseuse orientale à Zanzibar ?

Melisdjane Sezer : Mon voyage à Zanzibar s'inscrit dans la continuité d'une recherche entamée il y a presque trente ans. Le point de départ, c'est l'écoute d'une musique diffusée à la radio qui a tout de suite attiré mon attention. Dans cette musique, on retrouvait des mélodies du Moyen-Orient, des éléments de musiques de l'Inde et d'Afrique. Quand j'ai appelé la radio, on m'a répondu que cette musique venait de Zanzibar, c'était il y a dix ans. Je me suis retrouvée face à un style de musique particulier : le “taraab”, mot d'origine arabe qui signifie “émoi” et qui exprime un état d'émotion particulier, comme emporté corps et âme. Je me suis alors interrogée : comment se fait-il qu'à Zanzibar on parle de “taraab”, un style de musique que nous connaissons par ailleurs au Moyen Orient. Ma curiosité aiguisée, j'ai appris qu'au 19ème siècle un sultan d'Oman qui était tombé amoureux de la musique égyptienne, avait envoyé certains de ses musiciens en Egypte pour qu'ils apprennent cette musique. Lorsque la capitale a été déplacée d'Oman à Zanzibar, ces musiciens ont débarqué à Zanzibar et ont propagé cette musique. L'île était déjà peuplée par d'autres communautés et petit à petit cette musique a rencontré d'autres musiques ; des musiques d'Inde, d'Afrique ... De cela a surgit le “taraab” qui est chanté là-bas en swahili. Cette musique “taraab” correspond à un style que nous, danseuses orientales, nous connaissons et pratiquons avec un style de danse nommé “sharki”. Si cette danse est possible sur les répertoires d'Egypte, de Turquie ou d'autres pays orientaux, pourquoi ne le serait-elle pas sur le “taraab” de Zanzibar ? Alors j'ai décidé d'aller à Zanzibar en septembre dernier, pour vérifier moi-même sur place si parallèlement à ce “taraab”, il y a eu un événement en danse. Comment s'est passé la rencontre avec les musiciens sur place ?

Sur place, de fil en aiguille je trouve l'un des clubs les plus anciens de l'île. Depuis cent ans, ce club détient et transmet un répertoire. Je rencontre le maître de cette école, Idi Abdallah Farhan, qui m'accueille avec beaucoup de curiosité et de gentillesse. Lorsque je leur ai demandé si cette musique se dansait, les musiciens m'ont répondu que le “taraab” est une musique faite pour être écoutée. D'après eux, il provoque un tel état d'émoi qu'on ne peut rien faire d'autre qu'écouter. Je leur soutiens alors l'hypothèse que s'ils ressentent cet émoi à travers leur musique, je peux vivre cet émoi à travers ma danse. Je leur ai alors fait une démonstration à l'Académie de musique et danse, et effectivement ils ont été convaincus. Mais à ce jour, il n'y a pas de danseuse professionnelle de “taraab”. A la suite de ce voyage, votre danse s'est-elle peuplée de gestes d'Afrique? La confrontation avec cette musique a-t'elle éveillée une autre danse ?

Non, concernant la gestuelle il n'y avait rien de nouveau dans ma découverte. J'ai déjà voyagé en Inde, en Afrique, dans la péninsule arabique. Je me retrouve dans une énergie semblable qui me donne le même type d'inspiration dans ma composition que lorsque je danse sur une musique ottomane ou une musique classique égyptienne. En ce qui concerne la danse je n'ai pas forcément quelque chose de nouveau, c'est le répertoire musical qui est nouveau. A l'Académie de musique et de danse, j'ai aussi découvert dans des écrits, qu'en 1930, il y a eu une femme chanteuse, Seita Sidi Bin Saad, dans cet univers musical très masculin. Cette femme qui était arrivée à se faire une place royale dans cet univers d'hommes, a été faire des enregistrements à Bombay et elle aurait intégré au concert de “taraab” un spectacle de danse indienne. Le traducteur dans les écrits que j'ai trouvés note pour “natak” : danse. “natak” signifie danse. Pourquoi, cette danse n'a t'elle pas continué ? Je n'ai pas eu d'éclaircissements. Mais il y a eu, à un moment donné, un lien très concret entre la musique et la danse. Ma démarche tendait à montrer que s'il existe des liens solides en matière musicale entre le Moyen Orient et Zanzibar, pourquoi n'existeraient-ils pas pour la danse ? Plus concrètement, ces découvertes s'intègrent à un spectacle intitulé “Parce que Zanzibar” dont j'ai présenté les fragments à Echirolles le 23 octobre. Indépendamment de ce travail, je présente les 8 et 9 janvier au musée Gallo-romain, dans le cadre de la grande exposition sur le vin, une création conte, poème, chant et danse intitulée “Sur les chemins de Bacchus” avec Iyad Haïmour et Louis Soret. Propos recueillis par P.B. Contact :

Melisdjane Sezer

23, rue Lionel Terray 38400 Saint-Martin d'Heres

Tel : 04 76 25 32 04


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