Qui sommes nous? Que fait-on? Contact
L'équipe Le CA Le réseau
Présentation Les commissions
  • Le réseau
  • La recherche et le collectage musical
  • Les atlas sonores
  • La diffusion
  • Projet pédagogique
  • Archives
    • La lettre d’information du cmtra
    • Dossiers documentaires
    • Enseignements

  • Boutique
> Accueil  > Archives > LA LETTRE D’INFORMATION DU CMTRA > Toutes les Lettres d’info > Lettre d’information n°63. Automne 2006

Shelta


Rencontre avec John Delorme du groupe Shelta, pour la sortie de leur premier album.

CMTRA : Comment s’est créé le groupe Shelta, comment vous êtesvous tous rencontrés ?
John Delorme : Le groupe s’est créé lors des rencontres dans les festivals :
Saint Chartier, Brives, Tocane. Nous sommes cinq musiciens : Romain Chéré (banjo, mandoline, flûtes), Fabien Guiloineau (guitare), Guy Vesvre (accordéon diatonique), Tania Buisse (bodoni) et moi-même au violon.
Créé en 2002 par des gens qui avaient une vingtaine d’années, le groupe est en mouvement : certains en partent, d’autres y arrivent, comme Tania ou moi. Nous sommes éloignés géographiquement, donc niveau disponibilités, ça n’est pas évident.
Comme nous ne pouvons pas répéter ensemble toutes les semaines, on se fait des mini-résidences, une fois tous les deux mois environ. Le niveau de musique du groupe permet cette façon de travailler, chacun ayant par ailleurs une pratique musicale intense.

Avez-vous tous une formation de musique irlandaise à la base ?
On est tombé sur la musique irlandaise un peu par hasard. Nous sommes tous issus plus ou moins du rock, guitare, des petits trucs comme ca, à part Guy qui a fait de la musique Centre-France pendant longtemps avec son frère Christian Vevres. De mon côté, je suis guitariste de formation, et j’ignorais l’existence même des musiques traditionnelles.
J’entendais par-ci par-là de la musique irlandaise, de la musique écossaise, et ça me plaisait tout de suite. Mais J’ignorais que cette musique était enseignée, et ne savais pas comment l’appréhender. Quand on n’a pas le pied dans la musique trad, on ne sait pas qu’elle existe, qu’elle se pratique. Du coup j’ai découvert le violon irlandais à 18 ans. On m’a prêté un violon, j’ai essayé de bricoler, sans grands résultats. Il y a un style, une technique particulière qu’on ne peut pas inventer. Il me paraissait impossible et démesuré de reproduire ce que j’entendais sur les disques. Mais dès qu’on a des gens à côté de soi qui connaissent cette musique, ça devient plus humain, ça devient possible.

Qu’est ce qui vous a poussé à sortir un disque aujourd’hui ?
C’est une question d’opportunité.
Métives, qui est l’équivalent du CMTRA en région Poitou-Charentes, nous proposait ça. On sentait qu’il était temps pour le groupe de poser quelque chose qui nous permettrait d’avancer. Ça marque un passage, une époque.
Ce disque est le premier du groupe Shelta. On a enregistré avec Laurent Baraton en sept ou huit jours. L’attitude de l’enregistrement est vraiment différente de celle du concert. Pendant une semaine, on débranche tout, il n’y a plus rien d’autre qui compte. On n’a pas du tout la même écoute et le même recul sur notre jeu que lors des concerts et des sessions. Travailler à l’enregistrement d’un disque, c’est travailler dans un souci de perfection avec un regard critique sur notre jeu.
On prend conscience de tout ce qu’on n’arrive pas à faire. On est aussi obligé de calmer le jeu pour enregistrer.
Laurent Baraton, qui connaît bien la musique irlandaise, nous a conseillé de ne pas jouer en enregistrement comme on jouerait en concert, où on joue à fond, un peu à l’arrache. C’est peutêtre un peu moins « rock and roll », il y a un peu moins d’énergie, mais ça vieillit mieux.

De quoi est composé votre répertoire  ?
Dans le disque, deux tiers des morceaux appartiennent au répertoire traditionnel comme « Swinging on the gate », qui est vraiment trad. Il y a quelques compositions, dont une de Romain, le « Reel à Michel », et quelques compositions modernes comme « Walking on the moon », composée par un Ecossais quand le premier homme a marché sur la lune. Mais la plupart du temps, on reprend les thèmes et on fait des arrangements :
on change les rythmes, on fait varier les volumes, les instruments, les ornementations... Ce n’est pas de l’improvisation, mais de la variation. On a les thèmes que l’on connaît parfaitement, puis on essaye de varier autour mélodieusement pour enrichir et leur donner une nouvelle personnalité.

Comment vous placez-vous dans le champ de la musique irlandaise ?
Nous sommes plutôt dans une perspective moderne. On essaie de garder un fond trad, c’est-à-dire de transmettre les airs de la façon la plus traditionnelle possible, mais faire pardessus des arrangements modernes.
Ce mouvement moderne existe aussi en Irlande. La guitare est un exemple d’évolution de la musique irlandaise :
il y a 20 ans, on jouait de la guitare dans la musique irlandaise mais cet instrument n’était pas vraiment adapté au jeu de l’époque.
Aujourd’hui, l’utilisation de l’instrument a complètement évolué : on accorde la guitare autrement, on sait comment marchent les harmonies et on a donc complètement intégré cet instrument moderne dans les formations irlandaises, tout en restant traditionnel. Ce n’est pas figé, ça avance. Nous nous situons dans cette perspective : faire de la musique traditionnelle dans la modernité.

Quel est votre regard sur la vitalité de la musique irlandaise ?
Elle existe, et elle est internationale. L’irlandais commence à avoir une réelle posture et devient un style de musique à part entière comme le blues.
N’importe où dans le monde, on peut jouer en session. À Lyon, ça fait 7 ans que ça existe. Pour des jeunes qui veulent jouer de la musique irlandaise, il y a tout ce qu’il faut. Il faut dire avant tout que c’est une musique qui est « rock and roll » : elle se joue vraiment, avec les tripes, avec une énergie immense.

Propos recueillis par P.R.

Retrouvez John Delorme dans la lettre n°61

Contact
Athos Booking

tel : 06 03 00 70 80 / 0’ 72 37 92 93
mail : [js.esnault@athosbook.com]

Web de Shelta :

Rubrique parent


  • Toutes les lettres d’info

Autres articles


  • Eric Montbel
  • Bonnie Kate
  • Cornegidouille !
  • Al Andalus
  • Avelsinn
  • Les enchantêtues
  • Wozkaly
  • Chronique de la Guillotière 3
  • "Tiroirs"
  • Toad
  • Les Jeunes Pousses
  • J’aime la galette
  • Chanter c’est sûrement mieux...
  • Le Rigodon
  • L’édito de la lettre n°63
  • Viv(r)e les sons !

Labalabel

Musiques du 8

Musiques de mon quartier

Odyssée musique

Tutti Bruiti

Le cmtra sur Viméo

Le cmtra sur Facebook