POURQUOI LE CMTRA N’A PAS REJOINT LA NACRE…
(et/ou pourquoi on lui a supprimé ses subventions de fonctionnement au 1er juillet)
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Mieux comprendre
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1. AFIN DE CONSERVER UNE STRUCTURE IDENTIFIEE EN FAVEUR DES
MUSIQUES ET DANSES TRADITIONNELLES ET DU MONDE EN RÉGION RHÔNE-
ALPES.
Nous pensons qu’il est nécessaire et primordial de conserver une structure dédiée aux
musiques et danses traditionnelles et du monde en Rhône-Alpes oeuvrant à la
valorisation des patrimoines culturels dans leur diversité, à la transmission des savoirs
musicaux et au développement artistique de ce secteur. Nous considérons qu’il est
indispensable qu’une structure identifiée en Rhône-Alpes et intégrée au sein du réseau
national des Centres en région et de la Fédération Nationale de Musiques et Danses
Traditionnelles (FAMDT) perdure.
Les Centres de MDT se sont construits autour de l’indispensable complémentarité et
cohérence de missions intrinsèquement liées entre elles : la recherche de terrain et le
recueil de témoignages musicaux composant notre patrimoine musical contemporain,
leur publication et leur valorisation, la conservation des sources, leur traitement et leur
mise à disposition des publics, la mise en réseau et l’accompagnement des acteurs,
l’information, la diffusion et la documentation. Toutes ces missions sont mises en œuvre
en faveur du développement et de l’expertise de ce domaine esthétique.
La particularité d’une structure dédiée au secteur large et hétéroclite des musiques
traditionnelles et du monde est d’œuvrer à la fois dans les champs du savoir scientifique,
de la valorisation patrimoniale, du savoir-faire et l’expertise culturelle, de la mise en
œuvre d’événements et de l’accompagnement au développement d’un secteur d’activité
extrêmement varié.
2. POURQUOI AVOIR REFUSÉ LA FUSION AVEC LA NACRE ?
Parce qu’elle impliquait la perte d’une identité - néfaste pour l’ensemble du réseau –
accentuant plus encore la fragilité d’un secteur esthétique déjà bien en difficulté.
Le projet de fusion avec la Nacre a été rejeté par crainte d’une dilution de ses activités
et de la disparition de certaines des missions du CMTRA. Elle promettait en outre une
dilution de la représentation des acteurs de terrain dans une structure généraliste –
regroupant les missions de l’ARSEC et de l’AMDRA (30 salariés – budget 3M€)
En effet, le CMTRA compte aujourd’hui près de 500 adhérents individuels et plus de 60
adhérents représentants d’associations ou de collectivités, réparties sur le territoire
régional.
Il ne compte pas moins de 120 partenaires non adhérents : Municipalités, Conseils
Généraux, Réseaux, Associations diverses, Festivals, Ecoles de Musique, Conservatoires,
équipements culturels, MJC, Centres sociaux, Musées, (…) avec qui, il travaille et
collabore régulièrement.
La Nacre n’a pas, dans ses prérogatives premières, fonction d’être opérateur – à l’instar du CMTRA - et en charge de développer des actions spécifiques de terrain en faveur d’une esthétique artistique. (Cf. les missions des autres AR)
Par inadéquation des missions respectives : la Nacre mettant en œuvre la politique des
pouvoirs publics dans le cadre d’une politique d’accompagnement et d’observation, le
CMTRA organisant et participant au travail avec les acteurs : outil opérationnel
réunissant dans une unité de projet les questions de patrimoine, de conservation, de
transmission et de création dans une logique de développement.
Par la crainte sérieuse et fondée d’une perte d’autonomie : une mise sous tutelle
dangereuse, un glissement progressif vers plus de contrôle et d’autorité, la perte de
l’autonomie éditoriale et une remise en cause profonde des valeurs démocratiques qui
fondent l’action que nous avons toujours défendu : la proximité au plus près des acteurs
de terrain et les vertus régulatrices de la fonction associative dans la mise en oeuvre des
principes de la démocratisation culturelle.
Par le fait de la disparition de la lettre d’information du CMTRA – qui devenait en
l’occurrence et par l’acte de fusion – l’organe d’information de la NACRE…
La lettre, c’est une voix singulière. Celle de milliers d’interlocuteurs qui ont témoigné
dans ses colonnes, 17 années durant, leur enthousiasme et leur passion pour ces
esthétiques. Ce sont des artistes, luthiers et facteurs d’instruments, enseignants,
chercheurs sur les traditions locales ou de l’immigration, organisateurs de concerts et de
festivals, élus et techniciens, responsables d’associations ou d’institutions culturelles,
amateurs de ces musiques traditionnelles et tant d’autres, qui se sont exprimé ici
librement et ont marqué leur attachement à l’héritage profond et à la vitalité du secteur
de création que nous défendons. Un moyen d’expression qui disparaît est un recul pour la
liberté et la démocratie.
Parce que les Centres des Musiques Traditionnelles ont été fondés autour de
convictions philosophiques et politiques comme la protection et la valorisation
d’expressions artistiques populaires, la mobilisation de la diversité des
expressions musicales au service du mieux-vivre ensemble et de la
(re)connaissance de l’altérité.
3. LES CONTRADICTIONS
À l’heure des mises en oeuvre, à l’échelle européenne et mondiale, des conventions sur
la diversité culturelle, de la valorisation des patrimoines immatériels, et de la prise en
compte des expressions culturelles minoritaires et discriminées, l’interrogation est forte
sur le sens de cette déconstruction. Vouloir effacer de la carte des structures identifiées
sur de tels objets, apparaît comme une étrange et curieuse initiative. Une politique
incompréhensible.
Cet arrêt brutal de l’activité du CMTRA, pose la question de la contradiction formelle
qu’il y a à plébisciter l’action de l’Etat en faveur de ce secteur, notamment par la
labellisation des Centres de MDT en région, - l’intégrant assez justement dans la notion
de patrimoine immatériel dans sa conception contemporaine – tout en lui supprimant ses
moyens, à l’heure même de la mise en œuvre par la France de la convention de l’Unesco portant sur ce chapitre. (Voir à ce sujet l’excellent n° 116-117 de Culture & Recherche du Ministère de la Culture
www.culture.gouv.fr/culture/editions/r-cr.htm - pages 18, 38 & 39
Une autre contradiction flagrante et non des moindres, consiste à proclamer haut et fort
les principes de la démocratie culturelle et les vertus sociales de la fonction associative.
Le courrier signé conjointement par l’Etat et la Région, montre a bien des égards, ce qu’il
advient de ces valeurs lorsqu’ils sont traduits dans les actes. Sans commentaires.
4. CE QUE NOUS DEMANDONS
Le rétablissement des subventions, le maintien et le renforcement des missions du
CMTRA et de ses actions de manière durable par convention.