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> Accueil  > Archives > LA LETTRE D’INFORMATION DU CMTRA > Toutes les Lettres d’info > Lettre d’information n°69, Printemps 2008

Entretien avec Bernardo Nudelman


Entretien avec Bernardo Nudelmann, Co-gérant de la société « Argentina, Musica y Arte » (AMA), et membre actif de l’association «  Tango et Cultures Argentines » (TCA).

CMTRA : Tu oeuvres depuis longtemps à la reconnaissance et à la diversité des cultures musicales argentines en France… Comment ?
En 2003, nous avons crée à Paris, la société Argentina, Musica y Arte, (AMA) aujourd’hui basée à Lyon, afin de montrer divers aspects de la culture argentine, et d’en faire la diffusion la plus large possible. En Janvier 2007, je me suis trouvé réuni avec quelques personnes actives dans le milieu tango lyonnais, qui souhaitaient créer une structure pour monter un festival. Je n’étais pas très disponible pour ce type d’action et, peu à peu nous avons adhéré à une idée de structure différente. « TCA » est née de cette idée. Nous ne voulons pas faire que du tango, pour ne pas limiter nos actions culturelles à un seul aspect de la réalité argentine. C’est le même esprit qui m’a motivé pour créer AMA, bien qu’il ne s’agit pas du même type d’activité.

Pourquoi ce nom « TCA » ? Le tango ne fait-il pas aussi parti de la culture argentine ?
Bien sûr, on ne peut pas dire que le tango est à l’extérieur de la culture argentine, il est une composante de cette culture. Le nom de l’association peut apparaître alors comme une anomalie, mais comme le tango a plus de visibilité nous avons cru bon de l’inclure dans la dénomination de l’association, une certaine “concession” marketing. Le mot tango, tout en étant devenu un cliché, attire et permet aux gens de s’identifier, de comprendre plus vite de quoi il s’agit. Il est ainsi plus facile de faire passer un discours sur les autres aspects de la culture argentine. Il existe un public qui ne serait jamais venu écouter la musique traditionnelle argentine, et qui viendra par curiosité parce dans « TCA », il y a le mot tango. Cela nous permet d’élargir la vision des choses à ceux qui croyaient que l’Argentine commençait et finissait au tango.

Et toi, qu’entends-tu par le mot tango ?
Le tango est un fait culturel : il a un lieu de naissance, il vit, il se répand et il voyage. Le tango est une culture en soit, mais bien entendu c’est une culture issue de facteurs propres à la culture et à l’histoire sociale argentine. Le tango s’est développé avec tellement de force en Argentine, et il a dépassé les frontières, que cela lui a donné une notoriété, une certaine validité au même titre que d’autres musiques comme le jazz. Qu’est que j’entends par... tango ? Je peux avancer une hypothèse : Lorsque l’immigration devint la note dominante de l’Argentine, un vrai « melting pot », particulièrement à Buenos Aires, cette population devait trouver une identité, un langage commun. Ce n’est pas le langage dans sa dimension idiomatique, mais des valeurs, des références, un langage de reconnaissance. Je pense que le tango est en grande partie ce langage recherché. Cette musique émouvante qui commençait à courir les rues a attiré l’attention de ces immigrants de cultures éclatées : elle a servi de point de rencontre, de lieu fédérateur et d’identification à une multitude de personnes, qui savaient qu’elles vivraient ensemble, qu’elles ne retourneraient peut-être jamais dans leur pays d’origine. Ces populations ont ensuite nourri le tango qui connaît à partir des années 1920, une évolution considérable de son histoire.

Quels sont les autres aspects de la culture argentine que vous abordez  ?
Dans la plupart des domaines, les argentins ont mené à bien une production ayant une notoriété bien au delà de l’Argentine : littérature, cinéma, théâtre, musique, danse. TCA se propose d’organiser des manifestations, pour que cet éventail culturel puisse être connu et partagé. Par ailleurs, concernant la musique et la danse, oui, nous souhaitons travailler au mieux afin de mettre à portée de tous, le nombre important de musiques traditionnelles existantes, afin qu’elles acheminent cette mémoire d’avant la conquête espagnole et les apports de cette présence hispanique.

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