Edito
L’Assemblée Générale Extraordinaire du CMTRA, réunie jeudi 27 mars 2008 à l’ENM de Villeurbanne a étudié et mis en débat la proposition de transfert de certaines missions du CMTRA au profit de la nouvelle agence régionale (NACRe). Les termes du traité d’apport partiel libellés de la manière suivante : « adoption définitive des termes du traité d’apport partiel d’actif portant sur l’activité des secteurs de l’information / ressources / mise en réseau et du Centre documentaire du CMTRA au profit de NACRe » a été rejeté par 51 voix contre, une voix pour et une abstention. La décision a été prise après consultation à bulletins secrets. Le CMTRA compte aujourd’hui près de 450 adhérents individuels et plus de 60 adhérents émanant d’associations ou de collectivités, réparties sur le territoire régional. Il ne compte pas moins de 120 partenaires non adhérents – Municipalités, Conseils Généraux, Réseaux, Associations diverses, Festivals, Ecoles de Musique, Conservatoires, équipements culturels, MJC, Centres sociaux, Musées,…- avec qui il travaille et collabore régulièrement. Les membres présents à cette assemblée ont marqué leur volonté de conserver une structure identifiée sur l’esthétique des Musiques et Danses Traditionnelles notamment dans sa dimension patrimoniale, de diversité culturelle, de pratique musicale vivante et intégrée au sein du réseau national des Centres en région et de la Fédération Nationale de Musiques et Danses Traditionnelles. Ils ont mis en avant ce qui a fait sens depuis la création du Centre, à savoir les nécessaires complémentarité et cohérence des missions liées intrinsèquement entre elles et risquant d’être diluées et éclatées par le projet de fusion. A l’heure des mises en oeuvre, à l’échelle européenne et mondiale, des conventions sur la diversité culturelle, de la valorisation des patrimoines immatériels, et de la prise en compte des expressions culturelles minoritaires et discriminées, l’interrogation est forte sur le sens de cette déconstruction.Vouloir rayer de la carte, des structures identifiées sur de tels objets, apparaît comme une étrange et curieuse initiative.
Cette décision marque à nouveau le fossé qui sépare les
attentes des différents acteurs de terrain et les décideurs en
matière de politique culturelle. Le CMTRA a constamment
adossé son action - rendue difficile parfois, par le manque de
moyens et la difficulté de faire exister ce secteur esthétique –
à une philosophie visant à prendre en compte ces attentes au
plus près des réalités et à croire dans les vertus régulatrices
de la fonction associative dans la mise en oeuvre des
principes de la démocratisation culturelle et de l’éducation
populaire.
La mise en œuvre de cette procédure de fusion transfert, qui
dure depuis plus de deux ans et demi et qui explique en
partie le résultat du vote, a révélé une volonté de mise sous
tutelle avec perte d’autonomie et de contrôle accru sur les
contenus et actions à l’origine de la création de ce Centre.
Si l’on ne peut que se réjouir d’un vote reflétant une réelle
expression démocratique, il ouvre néanmoins une nouvelle
page d’incertitudes sur l’attitude qu’adopteront les tutelles
financières (Etat et Région). En effet, les menaces visant à
priver le CMTRA de toutes subventions publiques, du fait
de son refus d’intégrer cette nouvelle entité, aura des
conséquences dont on peut imaginer les dommages en
termes de perte d’emploi, d’annulation des festivités
programmées cet été (Jeudis des Musiques du Monde…), de
cessation d’activités (ateliers, lettre d’information…) et de
disparition définitive.
Face à la morosité ambiante,– il est vrai, accentués ces
derniers temps par une diminution drastique des crédits de
l’Etat en faveur de la culture et des restructurations brutales
– Il n’y a pas de fatalité ni de place pour le découragement.
L’heure, mes chers amis, est à la mobilisation, à la
contestation et à l’engagement de chacun.
Christian MASSAULT, Président
Robert CARO, Directeur









