Grèce
Isidore Georgiadès
C’est caché au milieu des lilas du vieux village de Balan
qu’Isidore s’est construit un microcosme, puisant au foyer du
narguilé et dans sa vaste sonothèque les sources nécessaires
à son inspiration musicale. Quelques années avant de venir
en France, Isidore a commencé, comme de nombreux Grecs,
à s’intéresser au rembetiko et aux différentes musiques
traditionnelles grecques. Grâce à des rééditions récentes
de pièces musicales d’anthologie conservées sur vinyles,
les musiques grecques vivent depuis les années 1970 une
nouvelle jeunesse, revisitées par des groupes de tout âge au
cours de grandes et longues fêtes estivales.
Alors que le bouzouki a longtemps été considéré comme
un instrument « maudit » et interdit (époque durant laquelle
est apparu le petit baglamas*, facile à cacher sous ses
vêtements), il est devenu le symbole de la musique
traditionnelle grecque.
Né dans les faubourgs d’Athènes, le rembetiko est un style
musical bien particulier, comparable au blues ou au tango
: ce sont des musiques de l’exil qui disent le mal-être, la
nostalgie, l’amour, les conditions de vie difficiles… Le
rembetiko, interdit sous la dictature de Metaxas, décrit aussi
l’ivresse du hashish et d’autres drogues, les interdictions,
la rébellion, « l’underground » : les rébètes, joueurs de
rembetiko, étaient en ce temps-là de véritables outsiders au
parcours de vie parfois dantesque.
Ecouter un extrait sonore
Prise de son : Fanny Logeay
Montage : Olivier Minot
Mastering : Nicolas Masson







