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Tell it into me, Garlic Bread, nouveau CD

Entretien avec Yann, Sandrine et Yohan membres de Garlic Bread.







CMTRA : Quelle est l'origine de la formation ?

Yann : Nous nous sommes rencontrés en classe musiques-études lors de nos études à l'INSA et étions amis bien avant de jouer ensemble. C'est au retour d'un voyage en Irlande que j'ai commencé à jouer avec Sandrine (chant et violon) et un ami guitariste : Lionel Gueganton (invité sur notre album d'ailleurs). C'est ensuite que Damien a pris le virus à son tour en Irlande pour nous rejoindre avec son bouzouki tout neuf dès son retour en France, en septembre 1999. Nous avons commencé à tourner une première saison, essentiellement dans des pubs, puis nous avons proposé à Johan de venir étoffer le son du groupe à la basse dès la saison suivante. Quels sont les cheminements personnels ?

Yann : Sandrine et moi avons tous les deux une formation classique, notre première formation commune était d'ailleurs l'OSIU (Orchestre Symphonique Insa Universités) dans lequel je jouais du hautbois. Je suis ensuite passé par différents instruments à vents tels que la bombarde et la cornemuse écossaise pour ensuite me stabiliser sur les flûtes irlandaises. Depuis peu, j'ai commencé à étudier le uillean pipe (cornemuse irlandaise). Damien, lui, a suivi une formation de classique puis jazz à la trompette. Johan : etudes musicale en piano classique puis jazz au conservatoire d'Annecy. Après quelques années, je me mets à la basse électrique, à la contrebasse,... et également au sitar indien. Mon milieu musical passe alors vite du jazz aux musiques traditionnelles; d'abord les musiques de l'Est avec plusieurs formations d'inspiration Klezmer et Tzigane, puis, tout en approfondissant mes connaissances en musique d'Inde du Nord j'intègre Garlic Bread, et découvre la musique irlandaise (saison 2000-2001). Quelles ont été vos influences artistiques ?

Yann : J'ai découvert mes premiers CD de musique traditionnelle à 20 ans alors que je baignais dans un courant bien rock n' roll (Led Zeppelin, AC-DC, Pink Floyd...Les Pogues !). C'est Tonynara, un groupe Lyonnais qui m'a donné alors envie de pousser la porte d'entrée dans le trad pour assez vite découvrir Malicorne, Alan Stivell, Gwendal, Planxty, Bothy Band. J'ai assez vite eu un faible pour les groupes proposant une approche disons moderne de ces musiques, notamment un groupe breton qui faisait un tabac à l'époque : Ar Re Yaouank. Sinon, dans les groupes irlandais actuels, je citerais ...au hasard ! : Flook, Altan, Dervish, Lunasa...Ce dernier groupe est certainement le plus influent dans le travail de Garlic Bread. Johan : J'ai beaucoup écouté de jazz il y a quelques années. Aujourd'hui, mes influences se sont un peu diversifiées, surtout via les musiques d'ailleurs (Irlande, Pays Scandinaves, Inde, Pays d'Afrique, Moyen Orient, Europe de l'Est...) mais aussi par la musique classique, baroque, contemporaine. Quel sens donnez-vous à la musique irlandaise et que recouvre t'il pour vous aujourd'hui ?

Sandrine : C'est une question très vaste et subjective ! Il existe de nombreuses et diverses productions regroupées sous ce terme actuellement. Définir le terme de musique irlandaise serait peut-être un peu présomptueux de notre part, je doute même que quiconque puisse le définir scientifiquement... Nous écoutons pour notre part des musiques très différentes regroupées sous cette appellation, des enregistrements de sessions aussi bien que des groupes plus innovants cités ci-dessus. Nous ne croyons pas en une hiérarchie entre ces diverses formes, toutes sont intéressantes pour la recherche musicale de laquelle elles sont le fruit. Pour en revenir au travail de Garlic Bread, nous avons fait le choix de nous situer dans une perspective musicale globale qui laisse une large place à la musique traditionnelle irlandaise - dans le choix des instruments, manières de jouer, thèmes et sources d'inspiration - tout en intégrant des éléments musicaux qui lui sont habituellement étrangers - arrangements, basse électrique. Beaucoup de groupes le font, le tout est de trouver un dosage qui nous soit propre et qui respecte à notre sens les influences dont nous nous reclamons. Quel a été votre parcours au sein de la musique irlandaise et qu'est-ce qui vous conforte dans vos choix artistiques aujourd'hui ?

Yann : On a tout d'abord eu la démarche de découvrir la musique irlandaise telle qu'elle se joue dans les pubs en Irlande, c'est à dire en session. C'est dans ce lieu par excellence qu'on peut s'imprégner des rythmes spécifiques, des ornementations, du swing et aussi - c'est loin d'être négligeable - de l'esprit de convivialité dans lequel est pratiquée cette musique. Nous avions au tout départ la démarche de jouer dans cet esprit au sein de Garlic Bread puis nous avons vite pris conscience que la musique de groupe nous offrait une autre liberté d'interprétation et que justement c'est ce que nous avions envie de faire. Nous jouons donc actuellement des thèmes traditionnels sur lesquels nous posons nos arrangements sans nous fixer de contraintes particulières mais aussi des compositions inspirées de ce répertoire et même d'autres domaines musicaux. Dans l'interprétation, nous nous attachons à jouer nos thèmes “à l'irlandaise” par l'énergie, le swing et les ornementations que nous essayons de mettre dans notre jeu. Johan : Assez vite, il nous fallait fixer des harmonies, donc autant se pencher plus sur les arrangements et écrire également des secondes voix, des accords enrichis, des mises en places rythmiques... Aujourd'hui, la musique que l'on propose s'est effectivement éloignée de la musique de pub. Est-ce un bien, un mal... le débat reste ouvert, mais quoiqu'il en soit, l'arrangement est un choix assumé de l'orientation artistique du groupe. Comment choisissez vous les chants (pour la ligne mélodique ou le texte) ?

Johan : A priori, j'aurais tendance à dire que le choix d'une chanson passe d'abord par la ligne mélodique. En ce qui me concerne, lorsqu'il s'agit de choisir une chanson parmi plusieurs proposées, j'aime les écouter simplement chantées, sans accompagnement, sans connaître non plus les versions d'origine, afin de me rendre compte du dessin mélodique , du rythme des mots, des phrases, et de son ouverture harmonique. Mon avis sur une chanson ne se basera que sur ces aspects là. Heureusement qu'il y a Sandrine qui tient compte du sens des textes dans ses choix personnels !!! Sandrine : La ligne mélodique joue effectivement un rôle important, c'est la première “accroche” qui m'amène à m'intéresser à une chanson. Il m'est cependant indispensable de trouver des atomes crochus avec le sens du texte ou les sentiments qu'il porte. Nous travaillons d'ailleurs de plus en plus les émotions musicales en fonction des tensions et détentes des textes des chansons. Je suis enfin très attentive à la musique des mots, car cette dernière guide beaucoup l'interprétation. Que tirez-vous de votre expérience avec le baroque (démarche totalement concertante, le Concert de l'Hostel Dieu) et quels bénéfices en tirez-vous musicalement ?

Johan : Expérience très enrichissante. Travailler avec d'autre personnes, ayant des cultures et des influences différentes, donc des idées nouvelles, et aussi avec des méthodes de travail qui ne sont pas tout à fait les nôtres, a fait de cette rencontre un moment d'échanges riche et agréable. Musicalement, cela nous à déjà permis de nous plonger un peu plus profondément dans le répertoire du célèbre harpiste T.O'Carolan (qu'il a fallu trier pour en sortir le répertoire de la création). Ensuite, par le fait que nous étions nombreux (Harpe, clavecin, viole de gambe, bouzouki, flûtes, violon, chant, contrebasse, percussions) cela nous à permis de réfléchir d'avantage sur l'association des timbres des instruments dans nos arrangements. Nous avons souhaité marquer cette rencontre sur notre nouvel album en y intégrant dans un premier temps un réarrangement d'un thème du répertoire de la création ( Lamentation for O.O'Neill ), et ensuite en y invitant H.C. Caget, percussionniste du Concert de l'Hostel Dieu, sur deux plages. Yann : Très contents d'avoir pu rencontrer ces musiciens... D'ailleurs le projet est toujours en cours avec quelques spectacles prévus la saison prochaine et pourquoi pas un disque ... ! Sandrine : J'ai beaucoup aimé réutiliser certaines façons de jouer ou de travailler que j'avais utilisées en classique en osmose avec les thèmes qui sont pourtant considérés comme fondateurs de la musique traditionnelle irlandaise. J'ai eu le sentiment d'harmoniser un peu mon jeu, d'y gagner un peu de maturité, même dans la poursuite ultérieure de la pratique dans Garlic Bread. Je pense de toute façon que cela doit être enrichissant pour tout musicien, d'ouvrir les barrières d'un style qu'il joue habituellement, de prendre du recul par rapport à ses réflexes, pour mieux progresser. Je pense d'autre part que cette expérience nous a permis d'avancer dans Garlic Bread, notamment parce que nous avons rencontré des publics différents de ceux des musiques traditionnelles ou actuelles. Notre perception du public a évolué, nous osons de nouveaux morceaux depuis que nous n'aurions pas forcément présenté sur scène avant ce projet. Enfin, parlez-nous de ce deuxième album.

Johan : A priori, et on espère que beaucoup partageront cet avis, il est meilleur que le premier, plus abouti en tout cas. Déjà, nous avons tenu à ce qu'il soit plus équilibré en y intégrant plus de morceaux calmes. On voulait aussi qu'il soit plus varié, avec des nouveaux timbres (Uillean pipes, contrebasse, percus, mandoline...) Ensuite, les morceaux, dans l'ensemble, ont été plus travaillés, avec des arrangements d'avantage réfléchis ; on a un peu évolué dans notre méthode de travail ces deux dernières années. Nous avons invité deux personnes pour ce projet : Lionel Gueganton à la guitare et mandoline, et Henri-Charles Caget aux percussions. Ce qui donne encore une nouvelle couleur sur 3 morceaux. Nous avons à nouveau enregistré à l'AGLCA, avec Didier Boyat qui, non content de faire un travail de qualité, a également su nous orienter dans quelques choix artistiques de dernière minute. Et puis nous avons passé deux fois plus de temps aux prises de son ce qui nous a permis d'étoffer un peu plus chaque piste (tout en cherchant à garder un côté naturel et fidèle aux concerts !). Pascal Cacouault s'est chargé du mixage, apportant également sa contribution vis à vis de certaines orientations esthétiques. Tout ceci fait qu'il y a également un changement notable dans le son du groupe. Bref, maintenant c'est au public d'en juger ! Retrouvez Garlic Bread, ses artistes et ses albums dans les lettres [n°38->article768], [n°41->article615], [n°43->article463], [n°45->article422], [n°46->article405], [n°56->article116] Propos recueillis par D.G. Contact

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Site web : [http://www.garlicbread.org->http://www.garlicbread.org]

Email : [contact@garlicbread.org->contact@garlicbread.org]

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