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Ethnomusicologie, mais encore ?
N°53 - Dossier thématique de l'ARA





Entretien avec Marianne Palisse, vice-présidente de l'ARA.



CMTRA : Marianne Palisse, vous êtes vice-présidente de l'Association Rhône-Alpes d'Anthropologie, qui édite “La Lettre de l'ARA”. Le prochain numéro est consacré à l'ethnomusicologie.

Pourquoi l'ethnomusicologie ?


Marianne Palisse : Nous avons choisi ce thème sur une proposition de Valérie Pasturel, qui nous a signalé que c'était un domaine en pleine effervescence dans la région. Il s'agissait de permettre aux différents chercheurs d'exposer leurs travaux, d'autant qu'avec ce sujet, nous touchons deux milieux : les chercheurs en sciences sociales qui s'intéressent à la musique, et les musiciens qui ont une réflexion sur leurs pratiques. Qu'est-ce qu'on découvre dans ce dossier ?

Comme nous avons tenu à le suggérer par le titre “ethnomusicologie, mais encore ?”, nous ne nous sommes pas limités à l'approche traditionnelle de l'ethnomusicologie. Nous avons souhaité ouvrir très largement nos colonnes. D'abord à une présentation du travail des institutions existantes en Rhône-Alpes avec Martial Pardo pour l'Ecole Nationale de Musique de Villeurbanne, Nathalie Fernando-Marandola pour l'Université de Saint Etienne et la Société Française d'Ethnomusicologie, Jean Blanchard et Valérie Pasturel pour le CMTRA, Gérard Le Vot pour l'université Lyon II, Olivier Tourny pour le CNRS. Nous avons aussi des approches relativement “classiques” de l'ethnomusicologie, avec des collectes dans le monde rural par Sylvestre Ducaroy, ou un certain nombre d'études ethnographiques comme celle de Fanny Logeay sur les Tziganes de Roumanie, celle d'Isabelle Lépine sur les fadistes de Lisbonne, celle de Cécile Bennegent sur la capoeira, ou celle de Fabrice Contri sur le chanteur d'un temple indien.

Mais on trouvera également dans cette lettre des travaux plus inattendus avec par exemple deux articles de Pascal Vallet sur l'observation ethnographique d'un groupe de jazz manouche, et sur un compositeur classique contemporain, un entretien réalisé par Mourad Laangry avec Maria Lhande, chanteuse à Lyon pendant l'occupation, un parallèle dressé par Jacques Julien entre habiter et musique, ou un texte très poétique de Jorge Lopez-Palacio et Sylvie Blasco.

Plusieurs articles ne correspondent pas vraiment à la définition donnée par certains auteurs de l'ethnomusicologie : l'étude de musiques traditionnelles dans des sociétés où l'oralité prédomine, ou de musiques transmises oralement. On peut citer Jean-Christophe Sevin qui se demande si la techno relève de l'ethnomusicologie et répond par l'affirmative, ou Antony Pecqueux, qui nous explique son approche du rap, avec la méthode de “l'écoute en action”. Nous avons voulu faire une place à ces recherches qui se situent aux marges de la discipline, ou peut-être à l'avant-garde.

Beaucoup de ces études témoignent du fait que les pratiques musicales ne sont pas immobiles et fermées sur elles-mêmes. La musique est métissée, sans cesse en recomposition. Cette dimension est présente dans le texte de Patrick Mazellier, qui montre que la musique des Alpes et du Dauphiné doit beaucoup aux musiciens venus d'Italie. Guy Bertrand traite de la musique des tziganes de Perpignan, et des aller-retour de la rumba d'un côté à l'autre de l'Atlantique. Vous avez choisi de joindre à ce numéro un CD audio. Que peut-on y entendre ?

Il nous a semblé évident qu'il fallait donner au lecteur à entendre les musiques dont on lui parlait. Nous avons donc demandé à chaque auteur d'illustrer sont travail par au moins une piste sonore. Le CD est, à l'image des contributions, très diversifié, avec un côté musique du monde prononcé, mais aussi un morceau de techno mixé spécialement pour nous par DJ XTric et une chanson relativement ancienne, chantée par Maria Landhe. Quels sont les prochains projets de l'ARA ?

Nous organisons en novembre des rencontres, en partenariat avec le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation et en lien avec leur exposition actuelle sur Germaine Tillon. Cette ethnologue a eu un parcours étonnant. Elle a travaillé sur les Aurès dans les années 1930. Résistante, déportée, elle s'est engagée à la libération contre les camps de concentration, puis a milité contre la torture en Algérie et a participé aux négociations avec le FLN.

Nous voulons nous interroger sur la façon dont un ethnologue peut être pris dans des événements susceptibles de l'amener, à partir de son travail de terrain, à porter témoignage. Nous souhaitons étendre cette question à celle de l'implication, qui est une constante de la réflexion de l'ARA. Même sans parler des périodes particulièrement troublées, que peut vouloir dire résister pour un chercheur en sciences sociales ? Voilà le thème de ces rencontres. Propos recueillis par J.B. Contact

ARA [http://asso.univ-lyon2.fr/ara->http://asso.univ-lyon2.fr/ara]


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