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Bistanclaque: Longtemps nous nous sommes couchés tard

Entretien avec Renaud Pierre et Eric Ksouri, du groupe lyonnais Bistanclaque à l'occasion de la sortie de leur deuxième album en octobre 2004.







CMTRA : Combien d'années se sont écoulées depuis la sortie de votre premier album ?

Renaud Pierre : Oh la, ça fait bien cinq ans ! Et comment allez-vous l'intituler ?

R.P. : A priori, il va s'appeler “plan quinquennal”...non, c'est une blague. On est sur une piste : “longtemps nous nous sommes couchés tard”. Mais, ça ne serait pas une référence à Proust ?

R.P. : Oh.... Comme tu y vas ! Pourquoi ce titre alors ?

R.P. : C'est compliqué d'expliquer un titre... Il y a mille et une raisons ! Ça peut vouloir dire que longtemps nous nous sommes couchés tard pour pouvoir faire ce disque, c'est aussi une référence aux longues discussions passionnées, des nuits à refaire le monde ! c'est une allusion à la fête, à la lutte, à notre mode de vie... C'est aussi le signe d'un renouveau, d'une nouvelle naissance. Une bonne résolution pour la rentrée ! Eric Ksouri : Et puis ça fait écho au premier disque qui parlait d'une Croix-Rousse qui n'existe plus... Comment vous le voyez ce disque maintenant qu'il est terminé ? Comment est-ce qu'il a été construit, quels sont les choix artistiques que vous avez faits ?

R.P. : On l'a construit comme un ensemble de chroniques qui se succèdent, un recueil de chansons et de sons, de clins d'œil aux choses que l'on fait parallèlement à Bistanclaque parce que, d'accord, on a mis quatre ans pour faire un nouveau disque mais c'est aussi parce qu'on organise un festival, qu'on a tourné un film, qu'on a monté un répertoire à danser, qu'on a fait de la collecte... Au niveau des thèmes, on y retrouve prises de positions politiques et tranches de vie. C'est une photographie à un moment donné. Et quelle est la ligne ? qu'est-ce qui relie tout ça ?

E.K. : Ben déjà, les textes ont tous été écrits par Renaud, il y a ses états d'âme, sa manière de voir le monde. Il y a une cohérence de contenu. Après, on a un certain savoir-faire musical que l'on applique aux morceaux. Il y a une unité de démarche, dans la manière de s'inspirer, de jouer, d'inviter des gens... R.P. : Ça s'articule toujours autour du passage de l'individu au monde. Il y a des chansons que l'on emmène vers une forme assez intimiste, très chanson. C'est l'un de nos héritages, la chanson française. D'autres chansons sont plus tournées vers la profusion, l'échange et là on tente des choses musicales, en bidouillant entre nous et puis avec d'autres puisque ce disque rend compte aussi des rencontres musicales que l'on a faites ces dernières années. Quand une couleur nous plaît, on essaye de faire quelque chose. Du coup, les champs musicaux que l'on aborde sont assez variés. Pour certains morceaux, on s'est dit que ça serait intéressant d'inviter des gens de tel ou tel univers musical. Il y a donc les Vach'inton qui sont sur la musique folk, les Mazalda qui sont plus sur un répertoire méditerranéen musette ou des amis musiciens qui amènent chacun leur univers. Mais je crois qu'au final, on retrouve tout de même chaque fois notre “patte”. E.K. : Du festival aux collectes, aux rencontres que l'on fait avec d'autres groupes, tout s'inscrit dans une même démarche, qui a du sens. On n'est pas uniquement un groupe de musique, on ne fait pas que des répets et des concerts, on participe à notre environnement social à travers nos activités de musiciens. N'empêche que chacun des morceaux est un petit univers à lui tout seul, avec une couleur très différente et très forte d'un morceau à l'autre, avec plein de références musicales. Il y a des morceaux qui s'inscrivent dans un héritage des chansonniers politiques, d'autres sont écrits à partir de rythmes de danses traditionnelles, il y a des morceaux plus jazz, etc...

R.P. : Oui, pour beaucoup de morceaux du disque, on assume une couleur particulière liée, de manière plus ou moins lointaine, à un style qui nous plaît. Après, d'un morceau à l'autre, il y a quand même une cohérence instrumentale amenée par la présence de l'accordéon et du tambourin. Pour autant, l'idée n'est pas de piocher partout non plus, il y a des choses que l'on ne sait pas faire, d'autres que l'on n'aime pas. Par contre on aime bien se laisser embarquer dans des recherches sonores, des choses un peu dissonantes, désarticulées, comme en témoigne l'arrangement que l'on a fait d'une chanson traditionnelle en occitan. Donc ce ne sont pas des choses qui débarquent de n'importe où. Il y a dans le disque un travail important du son, avec l'utilisation de boucles, des montages de séquences sonores...

R.P. : Il y a eu une grosse réduction de personnel dans Bistanclaque donc il a fallu que l'on trouve des subterfuges ! E. K. : L'usage que nous faisons des machines est assez rudimentaire. C'est pas un son électro très trafiqué mais plutôt un son qui pourrait faire penser à l'utilisation d'un vieux magnéto à bandes. C'est plutôt des images sonores que l'on a envie de donner à entendre. R.P. : L'idée n'est pas de faire en sorte que ça puisse passer pour une oreille occidentale contemporaine mais quand la technologie nous offre la possibilité de faire des choses qui nous semblent pertinentes, de faire des choses en direct, fluctuantes, comme avec la machine à boucles qu'utilise Eric, ça ouvre de nouveaux horizons. L'intérêt du disque par rapport au spectacle est aussi de créer un autre objet sonore, par exemple, des intermèdes entre les chansons peuvent permettre de dire les choses d'une autre manière, ça peut éclairer une chanson, ou créer un décalage. E.K. : Et puis ça donne corps au disque, pour éviter que ça soit une play-list, un alignement de chansons. C'est une œuvre à part entière et le son, ce n'est pas que la musique. R.P. : Ce disque, c'est un voyage dans des états d'âme et des états musicaux très variés, à travers des paroles, des sons... On est peut être aussi un peu à l'image de notre ville, Lyon, on ne sait jamais si c'est le nord du sud ou le sud du nord. Il y a des groupes, essentiellement dans le sud de la France, qui font des choses avec leur ville, leur quartier, qui chantent pour que le refrain soit repris par les voisins et puis il y'a une tradition de chansons à textes, à écouter, plus parisienne... Nous, on est un peu dans cet entre-deux. On aurait pu monter deux groupes à la limite, un groupe pour aller jouer dans les repas de quartier et puis un groupe pour les centres culturels ! Il y a des moments où l'on demande au public d'être un peu plus dans l'écoute et puis des moments où ça danse une scottish avinée ! A l'occasion de la sortie du disque, Bistanclaque investit différents lieux de la région lyonnaise pour des concerts, des bals, des lectures de textes d'amis et des projections de films. Propos recueillis par Y. E. Retrouvez Bistanclaque dans les lettres n°48: [article 374->article374] et [article 379->article379] , [n°56->article116], [n°61->article193] Contact

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