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Lettre d'information n°47. Automne 2002 La face cachée de Dédale

Entretien avec Norbert Pignol, Isabelle Pignol et Jean-Pierre Sarzier CMTRA : Avec ce nouvel album, Dédale semble prendre un tournant dans sa démarche artistique. On peut constater que votre travail s'est nettement orienté vers une formule concert. Ne serait-ce pas la face cachée de Dédale ?

Norbert Pignol : La séparation bal concert a été nécessaire pour nous. Car pendant des années, il y avait des morceaux typiquement à danser puis des morceaux typiquement à écouter, avec beaucoup de morceaux communs au concert et au bal, tous se dansaient mais étaient aussi suffisamment arrangés pour être intéressants en tant que musique concertante.

Mais le problème, c'est qu'une partie du public et les programmateurs ne se retrouvaient pas dans cette présentation, ce n'était pas lisible. Les gens se demandaient si Dédale proposait du concert, du bal, du concert à danser, du bal à écouter, ils n'étaient donc pas au clair là-dessus. Donc, il y a vraiment eu cette volonté de séparer les deux.

Maintenant notre ancien répertoire, nous le gardons pour le bal car c'est vraiment de la musique à danser, et notre dernier répertoire fait complètement abstraction des contraintes de forme, de chorégraphie, de rythmes pour la danse, de tempos. Dans le dernier CD, il y a tout de même deux morceaux qui peuvent se danser, il y a une chapeloise et une suite plinn qui sont vraiment orientées bal ; le reste est vraiment de la musique de concert. Du coup on se retrouve dans une situation où nous avons un concert et c'est très lisible. C'est un concert avec un rythme de concert sur la globalité du spectacle, des duos, trios, solos.

Il y a vraiment la théorie du W dans la courbe du spectacle et sur le rythme global. Il y a une entrée, des éclairages, des manières de s'exprimer chacun à son tour pour occuper l'espace entre les morceaux, limiter le temps des accordages, enchaîner plus vite. On a retravaillé la courbe pour la fin du spectacle, pour qu'il y ait des enchaînements et que le rythme se resserre.

Isabelle Pignol : On sait mieux ce que l'on veut faire. On a bien expérimenté la version bal et maintenant on a vraiment envie d'expérimenter la version concert. Il se trouve que pour les programmateurs c'est mieux, mais c'est quand même pas pour eux que nous l'avons fait. Nous avons dissocié le concert du bal car nous en avions surtout besoin artistiquement, pas seulement pour des questions de lisibilité. Cet album a-t-il été enregistré en même temps que la création du spectacle ?

N.P. : Tout à fait, cela s'est fait parallèlement. Mais dans le domaine du disque nous avons encore des progrès à faire car jusqu'à maintenant et jusqu'à cet album-là, nous avons enregistré tel qu'on le joue sur scène. Maintenant j'ai tendance à penser différemment, c'est-à-dire qu'un disque se conçoit très en amont. Il faut qu'il soit mené en parallèle avec un spectacle mais il faut qu'il soit pensé disque. Que vous ont apporté les nouveaux musiciens du groupe ?

N.P. : En gros il y a deux nouveaux timbres qui sont la voix et le bouzouki, et la présence de ces deux nouveaux timbres a engendré des modifications dans le « son Dédale ». On reconnaît le « son Dédale » car c'est la manière de jouer des individualités, c'est la manière de faire tourner, le fait que l'on se connaisse bien, et puis il y a énormément de timbres en commun par rapport à la version d'avant.

La grosse différence c'est qu'il y a beaucoup moins de claviers, ce qui impose, en tant qu'accordéoniste, de jouer plus sur les harmonies et moins sur les mélodies. Du coup JP, qui joue plus de clarinette et moins de claviers, impose à Christophe de changer de manière de jouer car ils doivent soit se répartir les thèmes, soit fonctionner en pupitre.

Donc cela a changé plein de choses tout en ayant un fonctionnement encore plus acoustique. Il y a la présence de Jean qui vient aussi compléter et asseoir les blocs harmoniques, avec une section rythmique plus présente qu'avant. Basse, bouzouki, diato en section rythmique, et vielle, clarinettes, ëûtes en section mélodique.

Yves, en tant que musicien de jazz, n'a pas du tout la même manière de réaliser ses lignes de basse que les bassistes avec qui nous avons travaillé auparavant. Il est beaucoup plus libre, c'est-à-dire que d'un concert à l'autre, il y a toujours la structure mais il brode sans arrêt et il a une manière de retomber sur ses pieds qui est très liée à sa culture jazz.

Concernant le bouzouki, je regrette que Jean n'ait pas une place plus importante dans le disque en termes de placement dans le mixage. Je regrette que l'on n'ait pas eu suffisamment de temps en amont pour la préparation de ce disque, pour travailler des passages où on le met plus en avant mais ça c'est un travail que l'on peut encore fournir sur le concert. Sur le bal, il s'est rajouté car c'est un répertoire qui a déjà un certain âge et qui doit de toute façon avoir une bonne efficacité pour faire danser, donc on ne va pas rentrer plus dans les arrangements. Le bouzouki apporte énormément car il joue dans un domaine de fréquence où il n'y avait personne dans Dédale jusqu'à maintenant. Il remplit dans le bas médium.

Concernant la voix, Isabelle en dira plus que moi, mais pour moi c'est un timbre plus qu'un travail sur les chansons.

I.P. : Chanter est un désir que j'avais depuis un certain temps pour agrandir la palette sonore. La chanson est un prétexte, car chanter c'est aussi exprimer des choses sans forcément des mots, c'est avoir un instrument en soi. Je pense que chacun a en soi un instrument, et il faut s'en servir. Le fait d'apprendre à chanter, c'est s'autoriser à se servir de cet instrument. Le texte s'est rajouté pour que ce soit un peu plus accessible à l'auditeur et puis j'avais envie de dire des choses.

Jean-Pierre Sarzier : On a toujours vu ça dans Dédale ; lorsque quelqu'un arrive avec un nouvel instrument ou un nouveau timbre, tout de suite nous allons faire des choses avec, et cela va modiÜer le jeu de tout le monde, et puis Ünalement c'est toujours du Dédale.

N.P. : Cette envie a commencé avec la chanson que nous avons enregistrée pour l'Atlas du Vercors du CMTRA qui a été une superbe expérience pour nous. Ce qui est intéressant dans ce boulot-là, c'est justement de voir comment on peut arranger les chansons et constater que c'est très différent de l'arrangement instrumental. Je crois que vous avez eu une collaboration artistique sur ce projet ? En quoi a-t-elle consisté ?

I.P. : C'est la première fois qu'on travaille avec deux ingénieurs du son. Thierry Ronget est en fait la personne qui nous sonorise sur scène lors des concerts. Jusqu'à maintenant nous avons toujours travaillé avec Pascal Cacouault et nous n'avions jamais travaillé avec une oreille extérieure au groupe. Et là nous avions envie d'avoir toujours Pascal aux manettes et une deuxième oreille extérieure pour le côté artistique.

J.P.S. : Thierry est le responsable de notre son de façade donc ce n'était pas concevable qu'il ne soit pas là pour le disque. Pour nous l'ingénieur du son est indispensable, il fait vraiment partie du groupe.

N.P. : L'inëuence de Thierry se sent vraiment sur ce disque. Il y a vraiment eu un travail en connivence entre Pascal et lui et ça s'entend, c'est un disque qui ne sonne pas comme les autres, notamment au niveau de la séparation des timbres et des réverbes. Il y a une réverbe plus globale pour avoir l'impression d'avoir le groupe dans la même salle. Thierry a vraiment eu un rôle de directeur artistique, il a Ünalement très peu touché les boutons et a plutôt guidé Pascal. Votre rapport à l'improvisation a-t-il changé depuis vos débuts ?

N.P. : C'est vrai que l'on emprunte moins au jazz qu'avant, il faut assumer plus le fait que c'est une « impro » qui est faite en tant que développement de thème traditionnel, dans un contexte « trad », pour faire danser éventuellement, avec un instrument « trad », et il ne faut pas chercher à jouer des plans jazz, il faut chercher à faire naître une vraie « impro trad ». Je pense que nous avons un peu avancé dans ce domaine. Il vaut mieux assumer plus notre couleur « trad ». Que pensez-vous des groupes actuels de musique traditionnelle en région Rhône-Alpes ?

N.P. : En Rhône-Alpes il y a un grand nombre de groupes dans cette mouvance, Pain d'Epices, Vach'inton.g, Djal, les Truies à lunettes et bien d'autres. Ce sont tous des groupes qui composent sur de la musique à danser. Il y a aussi les stages : le fait de faire des stages avec nous, et surtout le stage d'improvisation que nous organisons en février, fait que nous avons plein de cadets de Rhône-Alpes et d'ailleurs.

Ce stage « d'impro » a une influence énorme puisque les gens viennent en groupes déjà formés et veulent apprendre à faire des rythmiques pour la danse sous des solos improvisés. Apprendre à gérer en « trad » cette forme « thème, chorus, thème », tout en faisant danser. Il y a vraiment un nouveau courant. Je suis assez fier de ça mais maintenant il faut avancer et le nouveau disque de Dédale est déjà sorti de ça. Propos recueillis pas M.P. Contact

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