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La Fabrique
Le chant des artisans

Entretien avec La Fabrique François Breugnot (violons), Laurent Cavalié (chant et percussions) et Cyril Roche (accordéons diatoniques) forment un trio à la fois instrumental et vocal qui puise son inspiration dans les très riches répertoires de tradition populaire d'Auvergne et du Massif Central.

Au-delà de ces références de styles et de langages, leur musique possède un goût original, résultat de l'assimilation de la « tradition » et de la liberté de traitement choisie par ces trois musiciens.
CMTRA : Votre dernier disque s'intitule « acide folklorique et produits dérivés ». Ce titre interpelle, pourquoi l'avez-vous choisit ? Évoque t-il quelque chose de particulier ?

Laurent Cavalié : Nous avons voulu travailler sur l'esthétique « fabrique » au sens « atelier » xixe, début du xxe siècle - la majeure partie du répertoire date de cette époque- ainsi que sur l'idée du travail artisanal. Le disque est une déclinaison, un concentré d'un tas d'images, de vieilles photos. D'où le côté acide folklorique.

François Breugnot : C'est un peu un décor de film que l'on s'est fait pour alimenter nos projections, toutes ces choses que nous avons digérées de ces répertoires qui viennent de deux, trois, quatre générations et qui sont arrivées jusqu'à nous fortuitement ou par les fruits de recherches.

Ce sont des esthétiques qui traversent le temps. Nous revendiquons notre musique comme actuelle car nous jouons pour les gens d'aujourd'hui, pour les 2-3 générations que nous avons en face de nous sur scène. Au départ nous avions beaucoup de mélodies populaires du massif central, et puis de plus en plus de compositions. Nous avons un chanteur qui est auteur d'une bonne partie des textes, et qui apporte une dimension rythmique vraiment nouvelle. Le travail s'est donc articulé autour de la question suivante : comment faire parler des percussions avec des instruments qui jouent déjà des mélodies qui portent en elles toute la rythmique puisqu'elles viennent de la danse ? Il s'agit de mettre à l'épreuve ces rythmiques très typées qui viennent des bourrées ou des autres danses, et voir jusqu'où l'on peut aller dans l'état actuel de nos capacités, de notre savoir dans l'évolution d'un langage rythmique. Ce qui fait que ça rebondit sans arrêt.

L.C. : Il y a un côté « artisan » qui est permanent, et sous-jacent à tout ce que l'on fait. Nous fabriquons : en répétition nous avons constaté que nous étions comme en train de retaper un moteur. Dans les musiques traditionnelles, cela arrive très souvent que les gens jouent ensemble une mélodie à l'unisson ! Et moi, ne connaissant pas trop ce milieu-là, j'ai pris ça un peu pour une esthétique ; en fait ce n'est pas une esthétique très pensée, c'est plutôt convivial. Et donc je me suis dit qu'il fallait que je fasse pareil (rires), comme tous les copains, sans se soucier de l'harmonie et du contrepoint rythmique.

Je suis donc parti d'une caisse claire, mais la bourrée étant un puissant fond de possibilités et de combinaisons rythmiques, me voilà maintenant avec un set de trois mètres de long. Mais tout ça n'est qu'une extrapolation de ce jeu de caisse claire, il y a des cymbales qui se sont rajoutées, des toms, tout un set de derboukas accordé dont je me sers pour soutenir l'harmonie. Ça fait un jeu de percussions entre un travail qui colle vraiment à la mélodie et des choses que j'invente qui sont des tourneries plutôt sur des notions de groove ou des choses empruntées au jazz. Tous vos textes sont chantés en occitan, il s'agit également de textes contemporains. Pouvez-vous nous présenter votre démarche de composition ?

L.C. : Les textes des chants traditionnels sont souvent datés avec beaucoup de référents à un monde rural qu'on ignore aujourd'hui. Donc cela m'ennuyait d'aborder ces thèmes. Le chant traditionnel, c'est du chant caillou, c'est un bloc, et plutôt que d'écrire des paroles sur un sujet d'aujourd'hui j'essaie de comprendre le sens de ce chant d'origine puis de fabriquer de la poésie qui en soit très respectueuse. Par exemple sur le disque, la chanson « los ventres bèls» (les ventres ronds) part d'une chanson ariégeoise qui raconte « les choux ont gelé, ils perdent leurs feuilles et ainsi font les jeunes femmes quand elles se marient ».

On y retrouve plein d'images qui parlent de la vie et de sa dimension cyclique. En gardant cet esprit-là les paroles sont devenues une divagation sur le regard que posent les jeunes femmes sur les ventres des femmes enceintes, qui elles-même regardent les enfants qui sont déjà nés, qui eux-même regardent les adolescents à mobylette, qui eux-même regardent les jeunes hommes à moto, qui eux-même regardent les jeunes femmes, qui elles-même regardent le ventre des femmes enceintes, qui elles-même regardent... Un côté cyclique comme ça, et ça colle, ça fonctionne avec cette mélodie sur la même chanson ; j'ai le sentiment de chanter la même chanson. En dehors des très nombreux concerts que vous faites un peu partout en France et en Europe, quels sont vos projets ?

F.B. : On nous avait commandé une soirée sur le thème de la nuit, avec André Ricros comme chanteur invité. Suite à cette soirée, Michel Pagiras, du label Nord-Sud, nous a commandé un disque. Il sort bientôt. C'est un disque qui est pour le coup presque entièrement traditionnel. Mais il y a eu un gros travail sur les textes, entièrement réécris.

Tous les chants sont en occitan, chantés tantôt en languedocien tantôt en auvergnat, des fois les deux ensemble avec les voix très différentes d'André et de Laurent, qui apportent au chant une double présence intéressante. Les textes sont des divagations poétiques sur la nuit dans tous ses états : la lune, le rêve, la fête, l'ivresse, l'amour... Propos recueillis par M.P. concert de La Fabrique aux Jeudis des Musiques du Monde

Jeudi 15 août 2002 (20h30) Jardins des Chartreux (gratuit) Contact scène

Tomme fraîche Productions

Tel : 04 73 90 49 52

cyril.roche.music@wanadoo.fr


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