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Festival des Caraïbes à Chambéry
Cuba ou la diversité musicale

Entretien avec Catherine Pluzanski L'association Timbamania a été créée à Chambéry en 1989, autour de la percussion, puis a développé sa structure autour de la danse et de la culture cubaine. Du 25 avril au 5 mai 2002, l'association organise la neuvième édition du Festival des Caraïbes. CMTRA : Quelle est la particularité de cette nouvelle édition du Festival des Caraïbes et qui seront les artistes invités ?

Catherine Pluzanski : La particularité de ce festival est avant tout de sensibiliser le plus largement possible le public à la culture cubaine. Toute l'année nous faisons de la formation et donc de la sensibilisation, le festival est l'occasion de toucher un autre public, d'ouvrir une porte sur une autre culture.

Nous souhaitons dans cette 9ème édition, apporter un autre regard sur la culture cubaine, quelque chose de plus profond, mettre le doigt sur ce qui ne se voit pas de prime abord. Le premier regard est souvent comme un premier voyage, où tout est beau : les plages, le tourisme, la spontanéité des Cubains, leur sens de l'hospitalité. Mais après, quand il y a un deuxième voyage, et c'est aussi ce que l'on veut faire passer, on s'aperçoit qu'il n'y a pas que ce côté extraverti et festif, il y a beaucoup d'autres choses, toute une culture, quelque chose de très complexe, varié, un métissage qui se retrouve aussi dans les rapports humains. L'ambition est de transmettre tout cela à travers le festival. Cette année nous invitons deux artistes cubains de Camagüey, repérés lors de différents stages de danse organisés à Cuba avec Dominique Gombert, professeur de danse à la Timbamania : Il s'agit du sculpteur Guillermo Garcia Varona et du danseur et chorégraphe Mario Mendoza. Nous avons créé le programme du festival autour de ces deux artistes présents du 15 avril au 5 mai 2002.

Le sculpteur va recréer sur place son exposition « Mama Ines Sa » qui est basée sur le thème du café et des rites qui entourent l'acte de boire du café. Il utilise une technique particulière de travail de la terre, qui lui donne l'aspect et la texture du carton ou du fer rouillé. Il nous raconte ainsi le quotidien du Cubain, qui vit dans le provisoire. L'exposition a lieu au Cristal à Chambéry-le-Haut du 29 avril au 17 mai 2002. Le sculpteur apporte également avec lui tout un bagage culturel puisqu'il est par ailleurs directeur provincial de développement culturel pour la région de Camagüey. Il a également un très bon contact humain, il s'intéresse beaucoup aux gens, il est très humaniste, attentionné.

Il a une grande sensibilité qui lui permet de voir tout de suite ce qui ne va pas ou ce qui manque à quelqu'un. Dans ce festival, son désir est d'apporter beaucoup aux gens qui vont l'accueillir, d'avoir la même attention au public qui viendra au festival et leur faire connaître la culture cubaine sous un autre aspect.

Souvent les artistes cubains viennent ici avec beaucoup d'attentes, mais n'ont pas cette démarche pédagogique et d'écoute.

Mario Mendoza et Guillermo Garcia se connaissent bien. Ils ont déjà travaillé ensemble sur des spectacles, Mario en tant que chorégraphe et Guillermo en tant que décorateur. Je pense qu'il existe une véritable complicité entre eux et je crois que cela va apporter une dynamique originale au festival, notamment lors des conférences organisées autour de la danse au moment des apéritifs ou repas.

Mario Mendoza est premier danseur et chorégraphe du Ballet Folklorique de Camagüey, qui vient de fêter ses dix ans et qui est en passe de devenir une des meilleures compagnies professionnelles de Cuba. Mario Mendoza, dit « Maïto », se distingue par sa grande créativité chorégraphique, sa rigueur et sa précision autour de la tradition musicale, dansée et chantée de la culture cubaine en général. La 9ème édition du festival sera donc plus orientée sur la danse avec deux week-ends intensifs de stage les 27-28 avril et 4-5 mai. Un programme spécifique a été étudié pour les danseurs de salsa qui souhaitent se perfectionner, découvrir d'autres styles de danse qui influencent la salsa cubaine. La danse et la sculpture sont à l'honneur mais dans votre programmation on peut noter que d'autres disciplines seront présentées. Quels seront les moments forts du festival ?

Les temps forts seront aussi les concerts. Le week-end du 27 et 28 avril, nous accueillerons un groupe de musique cubaine qui vient de Barcelone avec Angel Farres. C'est un groupe qui joue un style de musique traditionnelle : « Changui » et Son. Cela correspond à la musique que l'on peut entendre dans le film Buena Vista Social Club où il s'agit du Son. Le Changüi est l'ancêtre du Son et est joué avec des instruments plus anciens. Il y a notamment la marimbula, remplacée ensuite par la basse et le très (guitare cubaine) présent dans le Changüi et le Son, style joué par les orchestres dans les « Casa de la trova », lieux à Cuba, où le midi et le soir les gens viennent danser en couple. Ces rythmes sont la base de la salsa et typiquement cubains.

Pour le deuxième concert prévu le 4 mai, il s'agit d'un groupe invité de Santiago de Cuba, composé de sept musiciens, groupe de Son également. Cette année, contrairement à la précédente édition où nous avions fait venir un groupe de Timba, style de musique actuelle jouée et dansée par les jeunes à Cuba, nous avons voulu mettre en valeur le côté plus traditionnel avec le Son.

Les temps forts sont aussi les soirées à thème à la MJC dans un cadre revu et décoré par Guillermo Garcia, illustrant les rues de Camagüey. Lors de ces rencontres sont prévues des « conférences » entre guillemets puisque ce ne sera pas sous forme d'un discours unique. Des danseurs illustreront le côté chorégraphique des rythmes et danses de Cuba. Il y aura possibilité d'échanges avec les artistes et de découverte de l'histoire de la musique et de la danse cubaines.

Des repas, des spécialités sont prévus sur place. Une exposition de peintres cubains de Baracoa sera également visible à la M.J.C du 2 avril au 26 avril. La MJC de Chambéry semble être le coeur du festival. D'autres lieux seront-ils concernés?

L'essentiel se déroulera à Chambéry (centre ville et Chambéry-le-Haut) mais également dans la périphérie et l'agglomération de Chambéry. Des spectacles de démonstration de danse auront lieu en dehors de Chambéry.

On va proposer avec Mario Mendoza, des découvertes du Danzòn et du Son, danses de couple particulièrement dansées par des clubs spécialisés et des personnes du troisième âge à Cuba. Nous allons donc intervenir dans les clubs et thés dansants de la périphérie de Chambéry, les après-midi ou en soirée pour recréer l'atmosphère de ces clubs cubains.

Des stages se dérouleront également sur la périphérie de Chambéry, il y aura peut-être même, au-delà, quelques spectacles et conférences proposés sur Annecy et Grenoble. Pourra-t-on voir des artistes de la région ?

Les artistes de la région seront les danseurs et musiciens des groupes amateurs de danse et carnaval de la Timbamania. Un groupe de danse s'est constitué à partir des stages Salsa, niveau avancé. Nous leur avons demandé en octobre s'ils voulaient participer et monter une chorégraphie pour présenter des spectacles. Une quinzaine de danseurs se retrouvent ainsi tous les 15 jours pour danser la conga (carnaval), la rueda de casino, le Son....

D'autre part un groupe de musiciens, percussionnistes de la Timbamania et cuivres de l'école de St-Alban-Leysse a travaillé la musique de Carnaval. Ils se produiront tous en journée les 27 avril et 4 mai avant les concerts.

Au niveau des artistes français, nous accueillerons Dominique Gombert , chorégraphe et professeur de danse, qui a concocté le programme du festival avec nous en dehors des concerts et interviendra en couple lors des stages avec Mario Mendoza.

Un autre artiste à mentionner est Guy Broglé, percussionniste complet, tout aussi passionné de Cuba que Dominique Gombert, il sillonne toute la France pour transmettre sa grande connaissance et son amour pour la musique cubaine. Un stage est prévu avec lui le 1er mai. Depuis 1989, vous avez formé et sensibilisé de nombreuses personnes autour de la culture cubaine. Quels sont les fruits de votre travail dans ce domaine et avez-vous assisté à la naissance de différents ensembles de danse ou musique cubaines ?

Effectivement c'était une volonté de l'association car dans la région, il n'y avait pas beaucoup de groupes qui aient des moyens suffisants, lieux de répétition, disponibilité, temps et connaissance approfondi de la musique cubaine pour monter un répertoire original. D'autre part, peu de groupes cubains venaient sur la région.

Donc en 1991-92 des groupes se sont montés, comme « Color », « Itoka's », groupes amateurs qui sont nés à l'initiative de percussionnistes de l'association, de musiciens de la région et avec le soutien d'artistes invités par la Timbamania.

Il y a eu également la volonté de créer un groupe Carnaval, groupe formé d'amateurs et de professionnels. Chaque année ce groupe reprend ses répétitions d'octobre à avril, encadrés par des professionnels.

Dernièrement l'association a sauté un pas par le soutien d'un groupe professionnel : il s'agit du groupe Tempo Forte. L'association a invité à partir de 1997 en résidence, un compositeur et musicien cubain pour un échange avec l'APEJS et le conservatoire de Chambéry. A partir de cette résidence est né un groupe avec les musiciens de la région. Le président de l'association, Roberto Romero était très fortement impliqué dans le groupe et son histoire. En même temps que l'invitation du directeur musical, cubain, le groupe a bénéficié de notre appui administratif, logistique et financier pendant trois ans : Une expérience un peu à part, car c'est un investissement important qui n'est pas forcément reconnu et de notre ressort. En tant qu'association nous avons plutôt une démarche d'invitation de groupes, de formation. Vous êtes implanté à Chambéry en Savoie. Quel public touchez vous durant l'année et lors du festival ?

Par rapport à des villes comme Lyon ou Grenoble, où la Salsa et la communauté latine sont très présentes,Timbamania est un peu inattendu dans le paysage savoyard.. nous touchons donc un public très largement régional. Beaucoup de gens se déplacent pour venir à Chambéry, ils viennent trouver une spécificité. Au-delà de l'activité musique ou danse, il y a l'apport culturel, une ambiance conviviale, les passionnés se déplacent pour tout cela. L'Italie et la Suisse ne sont pas loin. Il faut donc bien faire ressortir la particularité de notre action et s'attacher à apporter quelque chose de différent, se démarquer du côté commercial, c'est à dire aller un peu plus au fond des choses. Nous travaillons sur la qualité. Quelle est la suite du festival, quels sont les projets de l'association Timbamania ?

Camagüey sera le lien direct avec la suite du festival puisque nous organiserons un stage là-bas. Nous proposerons de partir à Camagüey du 14 au 29 juin à la période des fêtes de carnaval où tous les soirs il y a des groupes de l'île en concert. C'est la fête pendant six jours et la suite originale du festival, qui est aussi un appel pour aller là-bas.

Les autres projets pour 2002, 2003 sont de développer les rencontres, le lien entre musiciens et danseurs et la découverte de la culture latino-américaine en général, dans les écoles, collèges et lycées.... Propos recueillis par M.P. Contact

Timbamania

228 av d'Annecy 73000 CHAMBERY

Tel : 04 79 75 11 34 / Fax : 04 79 33 75 39

e.mail : [timbamania@club-internet.fr->timbamania@club-internet.fr ]


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