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Devenez professeur diplômé de musiques tradtionnelles

Entretien avec Jean-Charles François, directeur du Cefedem Rhône-Alpes CMTRA : Quelles sont les missions du Cefedem ?

Jean-Charles François : La mission essentielle du Centre est l'organisation d'un programme d'études supérieures, menant des étudiants de toutes les disciplines reconnues, au Diplôme d'Etat de professeur de musique, sur une durée de deux ans.

L'accès à ce programme est réservé aux candidats titulaires du Baccalauréat et d'un Diplôme d'Etudes Musicales (ou Médaille d'Or). Des commissions d'équivalence sont prévues pour délivrer des dispenses pour ces deux exigences. Le Diplôme d'Etat est obtenu sur la base d'une évaluation continue (50 %) et de cinq épreuves finales (50 %).

Depuis 1997, le Centre est chargé d'organiser la formation professionnelle continue des professeurs de musique de la Région Rhône-Alpes, et depuis 1996, le Centre organise des formations étalées sur trois années menant au Diplôme d'Etat, s'adressant à des personnels des écoles de musique déjà en activité depuis au moins cinq ans. Depuis deux ans, vous accueillez, en plus du jazz, les musiques traditionnelles et les musiques actuelles. Avez-vous modifié votre programme ?

Initialement, le programme menant au Diplôme d'Etat a été pensé exclusivement pour des musiciens classiques, qui constituent aujourd'hui l'écrasante majorité de l'encadrement des écoles de musique. L'immense chantier entamé dans les années 1980 par Maurice Fleuret en vue d'ouvrir l'enseignement musical aux « musiques exclues » reste, vingt ans après, à peine entamé dans les institutions phares.

Maintenir une distinction entre les genres musicaux sur la base d'une hiérarchie entre l'art savant et les pratiques populaires est l'expression d'une peur infondée de la disparition du répertoire au profit d'un chaos dicté par le circonstanciel. Affirmer au contraire que toutes les musiques doivent co-exister dans un service public de l'enseignement de la musique élargi, c'est tenter d'éviter les phénomènes de ghettos culturels si pernicieux dans la tournure violente de nos sociétés.

La formation des professeurs doit absolument être, dans ces conditions, le lieu où les individus d'horizons différents confrontent et respectent leurs pratiques, construisent ensemble une identité professionnelle de l'enseignement et apprennent à collaborer à tous les niveaux. C'est pourquoi il a été absolument nécessaire de ré-envisager de fond en comble notre programme pour permettre l'accueil des musiques traditionnelles et des musiques actuelles amplifiées, dans des conditions qui éviteraient leur marginalisation ou l'imposition des règles d'un genre musical sur un autre. Quels sont les avantages à proposer une formation commune à des étudiants en provenance d'esthétiques différentes ? Comment notamment gérer la dualité entre la musique orale et la musique écrite ?

La présence, depuis la rentrée 2000, d'étudiants en musiques traditionnelles et en musiques actuelles, s'ajoutant aux étudiants du secteur « classique » et du jazz, a effectivement donné au programme un nouveau dynamisme, bien au-delà de nos espérances de départ. Les étudiants ont pu tous se confronter de manière pratique aux enjeux des musiques en présence et par là ils ont été plus à même de comprendre les tenants et aboutissants de leur propre pratique.

Les nombreux travaux en petits groupes mixtes ont permis de mieux évaluer dans le cadre de l'enseignement de la musique les notions de globalité de l'objet musical par rapport aux découpages disciplinaires, de médiation nécessaire entre accompagnement des pratiques et acquisitions d'apprentissage précis, entre transmission par imprégnation et enseignement méthodologique. Les dispositions prises dans le cadre des études et de leur évaluation au Cefedem Rhône-Alpes garantissent que les étudiants doivent fonctionner selon les procédures et règles établies dans le contexte de chaque genre musical pris séparément. Ainsi, si une pratique musicale n'inclut pas une quelconque écriture, il ne peut être exigé de l'étudiant d'avoir des connaissances de solfège liées à la notation en vigueur dans le secteur « classique ». Par contre nous n'interdisons à personne le droit de développer des compétences dans les autres genres musicaux, au contraire nous faisons en sorte que les étudiants puissent avoir accès de manière pratique pendant leur formation aux procédures en vigueur dans chacun des genres musicaux en présence.

La question de l'oralité et de l'écrit est complexe. En fait, il vaut mieux jeter les notions d'écrit et d'oralité à la poubelle, pour mieux s'attacher aux spécificités des pratiques musicales. Les questions qui se posent alors sont : quelle est la nature des interactions entre les individus concernés, le rapport entre les musiciens, et aux autres formes d'art, le rapport au public ou à la communauté ? Quelle est la nature des outils de la médiation, instruments, modes de fixation de la matière sonore, des méthodes d'apprentissage, dispositifs d'interaction avec le public ? Quelles sont les procédures utilisées pour la fabrication des musiques, quel est le statut de l'invention dans leur élaboration ? Ce que permet le débat entre musiciens d'horizons différents, présents dans un même lieu pendant une période suffisamment longue, c'est de pouvoir penser de manière riche et substantielle le rôle de l'artiste dans la société, sa relation à l'enseignement dans les perspectives de l'accès du plus grand nombre aux pratiques culturelles. Pouvez-vous nous préciser la durée du programme et son contenu ?

La durée des études est de deux ans pour la formation initiale menant au Diplôme d'Etat. Cinq secteurs d'activités musicales sont identifiés au sein de la formation : les musiques actuelles amplifiées, les musiques traditionnelles, le jazz, les musiques classiques (disciplines instrumentales et vocales), la formation musicale et la direction d'ensembles vocaux.

Chacun de ces secteurs est placé sous la responsabilité d'un membre de l'équipe pédagogique du Cefedem Rhône-Alpes. Dans chacun des secteurs sont organisés des enseignements de pratique musicale, de culture musicale, et de pratique pédagogique sur le terrain. La formation doit comporter un projet autour de la pratique musicale, un projet pédagogique et une épreuve de cours dans la discipline.

Les étudiants suivent tous un tronc commun composé d'enseignements en sciences de l'éducation, en didactique, une préparation au projet pédagogique, en culture musicale transversale, en pédagogie des pratiques collectives et en informatique musicale. Les études aboutissent à l'écriture d'un mémoire et d'un projet de pédagogie de la musique d'ensemble. Les étudiants bénéficient-ils de bourses ou d'aides pour suivre cette formation ?

Des bourses d'études supérieures peuvent être obtenues dans le cadre des études au Cefedem auprès de la DRAC Rhône-Alpes. Propos recueillis par J.B. Contact

CEFEDEM 14, rue du Palais Grillet BP 2024 - Lyon Cedex 02

Tél : 04 78 38 40 00

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