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La danse de caractère

Entretien avec Myra Pessyk Souvent associée aux grands Ballets Nationaux, on trouve la danse de caractère dans les programmes des écoles de danse, parmi les Danses de Salon, dans les festivals de folklore en général, dans les danses russes en particulier.

Le terme apparaît vers le XVIII° siècle. Les « caractères » désignent des types, personnages ou catégories sociales, comme ceux que l'on retrouve dans la comédia dell'arte. Au XIXe siècle, le terme a évolué et regroupe alors tout ce qui s'apparente à des folklores. C'est une « danse de théâtre ».

À cela s'ajoute une recherche du spectaculaire qui s'exprime dans la chorégraphie comme dans les costumes, on privilégie la qualité plus que l'authenticité. L'exemple le plus brillant, ce sont les grands Ballets Nationaux qui se sont développés dans les pays de l'Union Soviétique. Il s'agissait pour les pays communistes de promouvoir une idéologie, ravivant le souvenir de la tradition, inspirant un sentiment national tourné vers l'avenir. Ce style réunissait deux traditions, les danses traditionnelles populaires, et les grands ballets classiques. Ces spectacles ont connu dans les années soixante un grand succès en Europe, on découvrait avec plaisir l'exotisme de ces danses venues de l'Est, et l'on croyait voir là des représentations intactes des cultures traditionnelles.

Nous avons rencontré Myra Pessik, danseuse « de caractère », qui souhaitait nous parler de sa conception de ce genre.
CMTRA : Myra Pessyk, vous enseignez et vous défendez la danse de caractère, pouvez-vous nous donner une définition de cette danse ?

Myra Pessyk : C'est une interprétation de danses folkloriques, adaptées à la scène. La danse classique retravaille une danse de village et lui donne un côté théâtral, chorégraphié. C'est une certaine approche du folklore qui reste présent à 80 %, les 20 % restants appartiennent à la danse classique, par la technique, même si le plaisir de danser compte avant tout.

Pour moi, la danse de caractère puise ses origines dans un folklore qui existe depuis la nuit des temps. C'est une des manières de présenter un folklore, et il va, comme toutes les interprétations, être conduit à évoluer. Il n'est pas question de dénaturer, au contraire, c'est un moyen de sortir la danse folklorique de son image « empoussiérée ». Si on prend l'exemple du quadrille, on peut le représenter de manière tout à fait ringarde, comme on peut le rendre intéressant. Dans la pratique contemporaine, quels sont les répertoires folkloriques, je dirais plutôt « traditionnels », dont la danse de caractère s'inspire le plus ?

Dès qu'on utilise le mot « caractère », on y associe les danses slaves. Il y a les ballets Moisseiev, qui existent depuis le début des années cinquante. Ceux qui sont venus en France plus récemment, ce sont les Ballets Virski, d'Ukraine, qui sont absolument extraordinaires. Il y a aussi le Ballet National de Géorgie, issu d'un folklore très différent, le Caucase. Pensez-vous qu'il y ait un rapport direct entre le fait que les pays que vous citez sont d'anciens pays communistes, et la qualité que vous indiquez du travail artistique de ces ensembles ?

Un danseur de l'époque soviétique n'avait pas de souci pour payer sa paire de bottes, ou de pointes. On repérait les danseurs excellents dès l'enfance, comme les matheux, et on était engagé pour servir l'image de sa patrie dans les grands ballets, en échange de sa liberté en quelque sorte. Cette danse s'est donc développée dans un contexte politique très particulier, c'était un peu une vitrine du pays. Mais je ne sais pas à quel point ça influence la qualité du travail. Il semble quand même que ces projets se sont inscrits dans l'invention d'une culture nationale, le contexte politique a aujourd'hui radicalement changé Où peut-on voir ou pratiquer ces danses, dans la région Rhône-Alpes et en France ?

Il y a des professeurs de danse classique qui en insèrent dans leur chorégraphie pour le gala de fin d'année, mais des cours de danse, eh bien, ça n'existe pas ! Je crois qu'il y a une dizaine de professeurs à Paris. En Rhône-Alpes, je suis la seule probablement. J'encadre des stages spécialisés, et j'ai présenté un groupe d'enfants en sélection nationale pour la Confédération Nationale de Danse (CND). Il y a eu dans ce concours très peu de groupes qui présentaient de la danse de caractère.

Je souhaite travailler pour la reconnaissance du caractère. Mais c'est un travail de longue haleine, parce que je ne suis pas connue. Je donne depuis trois ans des stages à Saint Genis-Laval, dans l'école de Guillemette Meyrieu, pour enfants et adultes. J'encadre aussi des stages dans la région de Lyon, au Club Saint Rambert.

J'espère par ce biais développer cette pratique, et à moyen terme, mettre en place des projets chorégraphiques. Pour en vivre, ce n'est pas facile, mais je ne veux pas laisser cette pratique disparaître. On sait qu'il y a beaucoup de liens qui se sont tissés ces dernières années entre la danse contemporaine et l'influence des danses « du monde ». Quelle différence faites-vous entre votre discipline et une création contemporaine qui s'inspire de danses cubaines par exemple ?

La danse contemporaine est tout autant un moyen de valoriser ces danses traditionnelles, mais il est important de respecter l'esprit et le contexte dans lesquels ces danses sont inscrites. Je crois qu'il est important de ne pas oublier nos racines, et de connaître aussi les racines d'autres cultures. La danse contemporaine, comme la danse de caractère sont des moyens de perpétuer le souvenir de nos origines. Existe-t-il une structure nationale qui soutient les efforts de ceux qui défendent la danse de caractère ?

La Fédération Européenne pour l'Art de la Danse vient d'être créée en mai dernier, elle regroupe tous les types de danses, et c'est M. Stanis Zmarzlyk, qui a une école sur la région parisienne, qui va représenter la danse de caractère au niveau européen. Kristia Karlick, qui était mon professeur, en fera aussi partie. Ce sont vraiment des professeurs de caractère, et originaux. Propos recueillis par J.B. Contact

Myra Pessyk

Le Bel Ardin Route de St-Martin en Haut 69510 THURINS

Tél : 04 78 81 76 88


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