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L'orchestre des bandits d'honneur
à l'Auditorium de Lyon

Entretien avec Guy Bertrand Guy Bertrand est responsable du département « Musiques du Monde » au CNR de Lyon, et conseiller à la programmation « Musiques du Monde » à l'Auditorium de Lyon. Guy Bertrand : Les Nuits de Musique du Monde sont de véritables événements qui s'inscrivent dans les axes proposés par David Robertson et l'Orchestre National de Lyon. Cette recherche est avant tout le résultat d'un travail d'équipe organisé autour de Nathalie Tiberghien, administratrice de production de l'Auditorium, avec de multiples interlocuteurs et en particulier Gregory Ramos.

Dans le cadre d'Inter Service Migrants, Gregory, qui connaît bien la vie des groupes et leur activité musicale, nous donne des informations toujours précieuses, et certains groupes nous accompagnent pour le développement de nos soirées thématiques. L'esprit de ces événements est d'amener notre public dans l'univers musical particulier du thème que nous avons choisi. Nous essayons de travailler avec les meilleurs artistes du moment, en tenant compte aussi du fait qu'à Lyon et dans la région, il existe de nombreuses communautés qui sont sensibles et souvent très impliquées dans ces musiques.

Nous aimons être en accord avec la réalité du terrain, et essayons de construire des relations constructives voire des partenariats, aussi bien avec les institutions et le mouvement associatif qu'avec les artistes. Dans la mesure du possible, on essaie bien sûr d'impliquer les artistes de la région Rhône-Alpes.

C'est toujours un plaisir et un enrichissement de pouvoir travailler dans un tel contexte aux côtés d'artistes qui comptent, pour lesquels il y a beaucoup d'estime voire d'admiration. CMTRA : Comment déterminez-vous les thématiques des soirées ?

Il y a les coups de cur, avec des projets musicaux qui s'imposent par leur qualité et leur originalité, mais aussi la réalité de ce que nous ressentons dans la vie locale. Par exemple, nous voulions travailler sur les Caraïbes parce qu'il y a une sensibilité « latino » qui exprime une forte demande et des communautés sud-américaines en Rhône-Alpes.

Nous avons fait une Nuit Hongroise dans le cadre de l'année de la Hongrie en France, car à ce moment-là, nous avions une occasion évidente de réaliser un événement exceptionnel sur une « planète » musicale qui mérite d'être mieux connue. Nous avons été très heureux que le public soit fidèle et vienne en masse découvrir ce que nous proposionsIls n'ont pas été déçus, je crois. Avez-vous des axes particuliers ?

Disons que c'est très ouvert. Au cours de cette saison 2001-2002, nous nous sommes rendu compte que toutes les soirées faisaient référence à de grandes traditions de violon et mettaient en scène des violonistes traditionnels de grand talent. Nous avons profité de cette opportunité pour organiser au CNR des rencontres spécifiques avec les artistes invités et les musiciens de cette région qui de près ou de loin sont sensibles à ces répertoires et ces styles.

On essaye d'avoir un équilibre entre tradition et création dans notre programmation, tout en étant à l'écoute de l'élan créatif autour des musiques traditionnelles. Pour la Nuit Hongroise, nous avons fait une création avec Miqueu Montanaro, qui connaît bien les musiciens hongrois. A travers le travail sur les traditions de violon, bon nombre d'instrumentistes ont pu se rendre compte à quel point le même instrument peut nous conduire dans des univers si différents. Ces rencontres ont créé un véritable enthousiasme chez les gens qui pratiquent le violon, à tel point que nous étudions la possibilité de développer avec le Conservatoire un atelier spécifique autour de toutes ces techniques. Passer un moment privilégié avec des interprètes inspirés, c'est souvent un bon déclencheur pour affirmer une démarche.

Aider les gens à comprendre, à ressentir, c'est au fond tout l'esprit de nos Nuits : essayer, à travers une thématique, d'aider les gens à ressentir l'âme, ce qu'il y a de plus profond dans ces musiques, dans leurs traditions, et dans le mouvement créatif qui les accompagnent aujourd'hui. A partir du moment où des artistes s'expriment, avec ce qu'ils ont de plus précieux, avec beaucoup d'âme et de sensibilité, cela nous interpelle forcément, et nous nous devons de faire partager cela à notre public. Comment se passe la rencontre entre les musiciens invités et les musiciens locaux ?

Nous organisons, dans la mesure du possible, des rencontres, des « master-class » au Conservatoire National de Région à Fourvière. Ainsi les musiciens invités aux Nuits font part de leur expérience avec un travail de pratique collective sur du répertoire, donnent des indications de style et apportent des informations toujours utiles. L'échange est court mais très productif. Ces master-class sont ouvertes à tous, élèves des conservatoires, de l'ENM, du CMTRA, mais aussi aux musiciens et aux personnes qui n'appartiennent à aucune école et manifestent leur intérêt.

A travers ses conférences, ses auditions et ses concerts le CNR invite le grand public à se rencontrer autour d'univers musicaux très différents. Tu parles d'un fil conducteur autour du violon, y a-t-il des personnes qui ont suivi toutes les master-class de cette année ?

Bien sûr. Quand nous avons démarré la première master-class, il y avait 12 personnes dans la salle, et l'on a terminé la journée avec une salle archi pleine. Aujourd'hui les gens comprennent le sens de notre démarche. Avec les Hongrois, par exemple, nous avons fait un travail très positif sur l'improvisation musicale.

Dans toutes les musiques, l'improvisation possède ses règles, pour que ça puisse fonctionner. Nous avions invité l'ensemble Vujicsics et Miquèu Montanaro, avec lesquels nous avons développé un atelier consacré à l'improvisation en s'inspirant des structures musicales traditionnelles des Balkans. C'était un moment exceptionnel dont nous percevons peu à peu les retombées. Quel avenir pour ces master-class ?

Elles durent une journée, c'est court, mais cela permet de donner des intuitions, des idées, des envies. Après, il faut s'organiser pour répondre à ces envies et c'est tout l'objet de la réflexion qui s'est engagée au sein de l'équipe pédagogique du CNR aujourd'hui. Pour le moment, nous n'avons pas encore formalisé ce genre de choses, mais peut-être des projets sont-ils nés de ces master-class, à l'initiative des musiciens.

En tout cas nous sommes à l'écoute, avec l'envie de collaborer de mieux en mieux avec les musiciens, les associations et les institutions qui nous entourent. Le 1er juin, vous programmez une Nuit Tsigane, avec le « Taraf de Haïdouks » :

C'est le bouquet final des Nuits pour cette saison. Le Taraf de Haidouks est un ensemble qui arrive aujourd'hui à l'apogée de son art. Ils ont une grande maîtrise de leur répertoire et de la scène. Cela va être un moment d'autant plus unique qu'ils ne viennent pas seuls : le dernier disque du Taraf a été enregistré avec d'autres musiciens tsiganes qui viennent de Bulgarie, de Turquie, et notamment la fanfare Koçani qui vient de Macédoine. Nous avons voulu inviter tout le monde, ils seront tous là, et c'est formidable.

Après le disque qui les a rassemblés ce sera la première fois que l'occasion leur est offerte de se retrouver tous ensemble pour un concert en live. Ils l'ont fait une fois à Bucarest, et Elsa Gatlif les a filmés à cette occasion (elle tourne un film sur le Taraf, révélé au grand public par Tony Gatlif dans le film « Latcho Drom »). Comment se déroule la soirée ?

Nous avons invité des groupes de la région : Malossol, Loucine, Spercada. Ces groupes jouent avant et après concert, et ils partagent les loges avec les musiciens du Taraf, donc ils auront le loisir de se rencontrer et d'avoir des moments privilégiés en leur compagnie D'un autre côté c'est intéressant que nous nous rapprochions d'eux et de leur démarche.

Chacun dans son genre aborde le sujet avec sa sensibilité. Nous ne pouvons pas faire de master-class, cette fois ci, car le Taraf est à Helsinki la veille, mais ce sont des gens très disponibles, généreux et réceptifs, toujours disposés à inventer des moments musicaux insolites! Tu dis que la programmation des Nuits touche les communautés immigrées présentes en Rhône-Alpes. Dans le cadre de cette Nuit, la communauté tsigane viendra-t-elle ?

Le cas des musiques tsiganes est particulier. D'une façon générale, les tsiganes ont une musique personnelle qui s'exprime à l'occasion des fêtes familiales, des mariages, des assemblées religieuses. Les concerts donnés pour les « gadgés », les « payos » dans un autre contexte ne les mobilisent pas toujours, mais je sais que certaines associations font un travail exceptionnel avec les communautés présentes en Rhône-Alpes nous aurons peut-être de bonnes surprises !

Les musiques tsiganes, rom, manouches, sont des musiques qui touchent fortement, qui fascinent, et il existe un très bon public intéressé par ces musiques aujourd'hui. Qu'en est-il de la programmation de l'année prochaine ?

2003 est l'année de l'Algérie, et cette thématique concerne beaucoup de monde dans la région, donc nous allons faire quelque chose d'important. Nous préparons une Nuit Andalouse. Nous avons déjà fait une Nuit du Flamenco, mais cette fois nous souhaitons présenter d'autres belles traditions musicales de l'Andalousie : les corraleras sévillanes par exemple, une création arabo-andalouse. Nous aurons du flamenco bien sûr avec le fameux Diego « El Cigala » et la guitare magique de Jose Heredia Torres « El Niño Josele » Il y a une forte sensibilité ici pour ces musiques (n'est-ce pas Mlle Del Jesus ?) et nous ne manquerons pas d'inviter des artistes de la région. Nous travaillons aussi sur les musiques lusophones (Portugal, Brésil), « lusafricaines », car la communauté lusophone est importante ici et il y a de très bons artistes à découvrir.

Nous travaillons sur une Nuit Indienne. Il y aura du chant, de la danse Belle perspective d'un échange autour des étonnantes percussions digitales, des modes musicaux, de l'esprit musical indien. Nous envisageons une Nuit Italienne, nous réfléchissons à une thématique possible autour des musiques de la forêt. C'est une programmation très variée et qui n'est pas forcément liée à un pays ?

Il n'y a pas de règle absolue. C'est souvent un pays qui est mis en valeur à travers sa musique, mais quelquefois c'est une grande tradition qui l'emporte, ou des thèmes beaucoup plus larges comme la Nuit de la Méditerranée.

On essaie à la fois de répondre aux réalités des sensibilités de cette région, tout en faisant quelque chose de très ouvert qui donne envie et suscite la curiosité.

L'atmosphère de ces nuits est très conviviale, les gens qui sont venus une fois reviennent souvent par la suite car ils savent qu'ils vont être surpris. On essaie aussi de développer avec attention tout ce qui est autour de la programmation centrale. Cette année, en septembre, la Biennale de la Danse a pour thème l'Amérique Latine : du Mexique à la terre de Feu, avez-vous des projets en commun ?

Oui, des mariachis mexicains seront là pour l'ouverture de la Biennale, mais avec le CNR et l'Agence Musique et Danse, nous avons pris l'initiative d'inviter dans cette période la fameuse « Banda » de Santiago de Cuba pendant deux semaines.

Nous allons travailler avec des harmonies constituées, mais aussi avec tous les ensembles cuivres, bois et percussions intéressés par cette belle musique. Raphaëlle Frey, de Habla Tambores, participe aussi à ce projet pour les percussions digitales.

Nous allons travailler ensemble sur le répertoire et son interprétation, ce qui constitue pour beaucoup de musiciens ici un vrai ressourcement. Nous participerons aussi aux grands moments de la Biennale avec divers ensembles. Bref, Ce ne sont pas les idées qui manquent et nous nous préparons à vivre de nouvelles rencontres passionnantes. A suivre ! Propos recueillis par PDJ 1er juin 2002

Nuit Tsigane, Auditorium de Lyon Contact

Auditorium de Lyon

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